Situé face aux bassins romains qu’il domine de quelques marches, le Musée archéologique de Gafsa, situé au Sud de la Tunisie, offre une plongée fascinante dans la préhistoire et constitue un joyau à visiter absolument. Ce sanctuaire de la mémoire collective consacre une place majeure à la civilisation capsienne qui a marqué un tournant décisif dans les cultures nord-africaines.

Qui dit Gafsa, dit ” capsien “, cette civilisation qui, vers le Ve millénaire, a négocié un virage majeur dans l’histoire de la civilisation en Afrique du Nord. Aussi, n’est-il pas étonnant que la préhistoire tienne dans ce musée une place de choix avec divers outils en silex et en pierre taillée ou encore en os ouvragé, avec aussi des représentations humaines et animales et des manifestations matérielles de vie spirituelle qui sont d’une valeur inestimable.
Les amateurs d’histoire antique peuvent compléter la visite de ce département par celle, dans un autre quartier de la ville, de la dernière « escargotière » sauvée de la destruction, un tumulus d’époque préhistorique constitué d’épais dépôts de cendres mêlés à des éclats de silex et des coquilles d’escargots (ces gastéropodes étant l’un des principaux mets les plus couramment consommés à l’ère capsienne).
L’autre aile du musée accueille des collections remontant à l’époque romaine et qui rappellent que Capsa (nom antique de Gafsa), était un poste avancé un poste avancé sur le limes et, à ce titre, le siège d’une forte garnison commandée par des chefs militaires de haut rang.
Objets usuels, parures, pièces de monnaie, sculptures et mosaïques constituent l’essentiel de ces collections dont l’une des pièces maîtresses est incontestablement ce très grand pavement en mosaïque figurant toutes les étapes des jeux du cirque, souligne l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC).
Ce musée archéologique niché au cœur du gouvernorat de Gafsa, berceau de la civilisation capsienne et carrefour des civilisations antiques, mérite d’être doté de tous moyens techniques, financiers et humains nécessaires pour permettre au public de découvrir cet héritage, selon une scénographie moderne à la hauteur des pièces archéologiques uniques dont il regorge.


