
La conférence s’est tenue à la Cité de la culture, dans le cadre de la 7e édition des Journées des arts de la marionnette de Carthage (JAMC), organisées du 1er au 8 février 2026, coïncidant avec la célébration du 50e anniversaire de la création du Centre national des arts de la marionnette.
Modérée par Riadh Zammel, docteur en sciences de la culture, spécialiste du théâtre et des arts du spectacle, la rencontre a mis l’accent sur l’importance de la documentation et de la numérisation en tant que leviers de production et de diffusion. Les intervenants ont plaidé pour l’intégration de l’art de la marionnette dans les politiques culturelles nationales et l’économie créative, afin d’en assurer la pérennité, d’en renforcer la visibilité aux niveaux national et international, et de consolider la place du marionnettiste comme acteur culturel à part entière.
Dans une intervention intitulée « L’art de la marionnette : une mémoire en mouvement et une économie en cours de structuration », Wissem Gharsallah, universitaire et artiste plasticien, a appelé à une reconnaissance officielle de cet art en tant qu’art contemporain et industrie créative, plaidant pour son intégration dans les stratégies des industries culturelles et de l’économie immatérielle. Il a également préconisé le passage d’une logique événementielle à celle d’un projet structurant de long terme, s’étalant sur sept ans et couvrant l’ensemble des régions.
Il a, par ailleurs, insisté sur la mise en place de mécanismes de recherche et d’évaluation, le renforcement des liens entre formation académique et production artistique, ainsi que sur le soutien au renouvellement esthétique, notamment à travers les projets croisant la marionnette avec les arts visuels et numériques. Il a également appelé à la création d’une plateforme numérique nationale dédiée à l’art de la marionnette et à l’instauration de mécanismes de financement adaptés.
De son côté, la chercheuse irakienne Zainab Abdulameer, spécialisée dans l’éducation artistique et les arts du spectacle, a abordé les enjeux de la numérisation du patrimoine immatériel, soulignant que le théâtre de marionnettes constitue un système culturel dynamique, capable de s’adapter aux mutations sociales et technologiques sans perdre son identité. Elle a estimé que la numérisation, lorsqu’elle est maîtrisée, permet d’élargir les publics, de renforcer l’archivage et de soutenir la recherche scientifique.
Présentant les opportunités de financement offertes par le programme Europe créative aux artistes et aux institutions culturelles, Haïfa Jebss, directrice du desk Europe créative Tunisie, a indiqué que la Tunisie participe à ce programme depuis 2017, précisant que 26 projets ont été financés à ce jour, sans qu’aucun ne concerne encore l’art de la marionnette. Elle a appelé les acteurs culturels tunisiens à développer des projets de coopération à long terme afin d’intégrer pleinement ce secteur dans l’économie créative.


