Le président de la République Kaïs Saïed a dénoncé, mercredi après-midi, certaines pratiques observées dans la distribution d’ammoniac dans plusieurs régions du pays, dont Bizerte, Jendouba et Siliana, estimant qu’elles “peuvent être considérées comme des délits”.

Lors d’une rencontre au palais de Carthage avec le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, le chef de l’Etat a souligné que de nombreux petits agriculteurs étaient privés de cette matière essentielle en raison de la spéculation et de la manipulation des quotas, rappelant des pratiques similaires constatées lors de la création de l’Office national des fourrages (ONF).

D’après ses dires, “certains avaient alors accaparé les différents types de fourrages pour les revendre à des prix inférieurs à ceux proposés par l’ONF, dans le but de provoquer sa faillite et détourner des fonds publics”.

Evoquant la saison de la cueillette des olives et la capacité de stockage qualifiée de “limitée” de l’Office national de l’huile, le président de la République a appelé à intensifier les efforts pour permettre à l’institution d’assumer pleinement son rôle.

Il a, dans ce contexte, ordonné la poursuite de la distribution d’huile d’olive et d’une partie de la récolte de dattes sur le marché intérieur, notamment au profit des amicales, tout en poursuivant la recherche de nouveaux débouchés à l’export.

Le chef de l’Etat a également enjoint au ministère de veiller à l’entretien régulier des barrages et des oueds, rappelant que plusieurs ouvrages hydrauliques avaient été négligées. Il a cité notamment le barrage d’Akhmes à Siliana, dont la capacité de stockage, estimée entre 5 et 7 millions de m³, a été perdue.

Il a ajouté que de nombreux oueds n’avaient pas été curés depuis des décennies et que plusieurs lacs collinaires avaient été comblés par les sédiments depuis les années 1970.