La récente décision de Fitch Ratings d’actualiser la notation de la Banque de l’Habitat Leasing (BHL), société spécialisée dans le leasing immobilier et automobile, a suscité nombre d’interrogations (Lire publication “Economics For Tunisia, E4T du 23/1/2026). La décision pourrait sembler rassurante. Pourtant, derrière le vernis de la « perspective stable », se dessine une réalité plus inquiétante : BHL ne tiendrait debout que grâce au soutien de sa maison mère, BH Bank.

Contrairement à ce que certains ont qualifié de “clash”, il ne s’agit pas d’un conflit, mais d’une réorientation commerciale de l’agence de notation. Fitch confirme les notations nationales de BHL sur le long terme : BBB-(tun) et sur le court terme : F3(tun) tout en annonçant qu’elle ne fournira plus de suivi analytique à l’avenir.

Ce retrait ne remet pas en cause la viabilité de BHL, mais souligne la dépendance de sa notation au soutien de BH Bank. Pour les investisseurs et les assureurs, le message est clair : la stabilité de BHL repose sur la solidité institutionnelle de sa maison mère, plus que sur son profil autonome.

E4T rappelle que “les notations souveraines reflètent la solvabilité d’un émetteur par rapport aux meilleurs établissements de crédit du pays et à ses pairs opérant en Tunisie”.

La perspective stable : reflète la confiance dans le soutien continu de la maison mère, BH Bank.

Dans son évaluation, Fitch Ratings souligne que la Banque de l’Habitat Leasing (BHL) bénéficie d’un soutien institutionnel important, puisque BH Bank, qui détient 42 % de son capital, affiche une forte propension à épauler sa filiale, même si sa propre flexibilité financière demeure limitée. Sur le plan de la performance, BHL est rentable depuis 2021, avec un bénéfice annualisé avant impôts représentant environ 2 % de l’actif moyen au premier semestre 2024, un résultat positif mais encore modeste au regard des standards internationaux.

La qualité des actifs reste perfectible : malgré les efforts de mise en conformité avec les objectifs de la Banque Centrale, le taux de contrats de location douteux aurait atteint 13,9 % à la fin du premier semestre 2025. Ce qui traduit une exposition significative au risque de défaut. L’institution financière pouvant être exposée à un montant important de pertes potentielles en cas de non-remboursement par les emprunteurs. La rentabilité étant trop faible pour constituer un socle solide et ne pouvant protéger contre les risques systémiques.

En quelques mots, la stabilité de BHL est conditionnelle. Elle dépend d’une maison mère elle-même contrainte. Tant que la BH Bank reste engagée, elle tient. Mais sans ce soutien, ses faiblesses structurelles apparaitront au grand jour. Pour les investisseurs, le message est clair : miser sur BHL, c’est miser sur BH Bank.

A.B.A