
Tandis que le gotha mondial y scandait que « la souveraineté ne s’emprunte pas, elle se construit », la Tunisie, elle, continue de colmater ses brèches à coup d’avances de la Banque Centrale et de statistiques en trompe-l’œil.
Le mirage des 2,6 %
Afficher une croissance de 2,6 % quand votre déficit commercial culmine à 21,8 milliards de dinars, c’est comme admirer la peinture d’un navire qui prend l’eau de toutes parts. L’analyse d’Amel BelHadj Ali sur WMC est sans appel : notre économie est sous perfusion. Si nos industries mécaniques et électriques font preuve d’une résilience héroïque, elles ne peuvent porter seules le fardeau d’une nation qui peine à réformer son modèle.
Le “Décalage de Phase” : Entre IA et facture papier
À Davos, les PDG des multinationales avertissaient : « En 2026, l’IA ne remplace pas les travailleurs, elle remplace les pays lents. » Pendant ce temps, à Tunis, nous nous déchirons sur la facture électronique. Une réforme nécessaire, mais qui, faute de réalisme socio-économique, risque de devenir une “utopie fiscale” de plus.
Vouloir imposer la modernité digitale à un pays dont 50 % de l’économie se réfugie dans l’informel sans offrir d’alternative crédible au régime forfaitaire, c’est choisir de punir les bons élèves pour masquer l’échec de la lutte contre la fraude.
Le paradoxe de la pression fiscale
Le décryptage de la Loi de Finances 2026 par la CCITF révèle une donnée vertigineuse : une pression fiscale de 34 %. C’est le prix de l’immobilisme. Nous taxons l’investissement jusqu’à l’asphyxie pour financer une machine étatique qui recrute 51 000 nouveaux fonctionnaires, alors que le secteur privé, étouffé, attend désespérément un signal de libération.
Le contraste avec nos voisins est cinglant : avec une inflation à 5,3 % contre moins de 2 % au Maroc ou en Algérie, la Tunisie perd chaque jour une bataille de compétitivité.
L’excellence comme seule boussole
Il existe pourtant une voie. Elle est portée par cette “Tunisie qui gagne”, incarnée par des figures comme Leila Belkhiria et ces femmes cheffes d’entreprises qui voient en l’Afrique notre futur terrain de jeu.
Ces leaders ont compris ce que Davos martèle : la “Fragmentation” mondiale est une chance pour ceux qui savent devenir des hubs régionaux d’excellence.
Conclusion
La Tunisie de 2026 est à la croisée des chemins. Nous pouvons continuer à gérer des chiffres pour rassurer des bailleurs de plus en plus sceptiques, ou nous pouvons enfin avoir le courage de la simplification.
Sortir du déni, c’est admettre que l’on ne peut pas construire une économie du futur avec les réflexes bureaucratiques du passé.
À Davos, on a prévenu : « Rester entre deux mondes, c’est disparaître. » Il est temps de choisir le nôtre.


