Expositions d’arts plastiques, projections de films documentaires et performances musicales ont marqué vendredi à Regueb (gouvernorat de Sidi Bouzid), la commémoration du 15e anniversaire du Jour du martyr, une célébration où la création culturelle s’est imposée comme vecteur de mémoire collective, quinze ans après les événements de la révolution tunisienne.

Organisée par la Maison de la culture de Regueb sous le slogan « Nos martyrs sont éternels », la manifestation a donné lieu à l’ouverture d’une série d’expositions consacrées aux événements du 9 janvier 2011. Le public a pu découvrir des œuvres d’arts plastiques, une exposition documentaire retraçant le mouvement révolutionnaire, des photographies des martyrs ainsi qu’une présentation d’objets liés aux moyens de répression utilisés durant la révolution.

La place des Martyrs a également accueilli des animations culturelles et des tableaux artistiques, tandis que des films documentaires consacrés aux événements de Regueb ont été projetés dans l’après-midi. Une marche aux flambeaux, ponctuée par la présence du drapeau tunisien et des portraits des martyrs, a été organisée en partenariat avec le groupe scout local et le Croissant-Rouge tunisien.

La dimension musicale a trouvé son expression à travers un concert engagé du groupe Al Karama de Sfax, dirigé par l’artiste Samir Idriss, prolongeant cette journée de recueillement par un langage artistique porteur de sens et de transmission.

La commémoration a débuté par la levée des couleurs nationales, la récitation de la Fatiha à la mémoire des victimes et le déclenchement de sirènes. Le 9 janvier 2011, la délégation de Regueb avait été le théâtre de la mort de cinq martyrs – Moez Khlifi, Abderraouf Boukaddous, Manel Boualagui, Nizar Slimi et Mohamed Jebli – devenus, quinze ans plus tard, des figures centrales d’une mémoire où l’histoire dialogue désormais avec la création.