Le forum organisé par l’agence Tunis-Afrique-Presse (TAP) sous le thème “L’investissement dans les infrastructures sportives: pour une meilleure compétitivité du sport tunisien” s’est ouvert jeudi matin au siège de l’Union des Radiodiffusions des États Arabes (ASBU) à Tunis, à l’occasion de la Journée de l’information sportive qui s’inscrit cette année dans le cadre des célébrations du 65e anniversaire de la création de l’agence, et en concrétisation de son rôle actif dans le soutien au sport national et la promotion de la culture de l’excellence.

Dans son allocution d’ouverture, le président-directeur général de l’agence TAP, Najeh Missaoui, a souligné que l’organisation de ce forum répond à la volonté de l’agence, en tant qu’institution publique nationale, d’être un partenaire actif dans le soutien au sport tunisien.

Cela passe non seulement par la couverture médiatique, a-t-il relevé, mais également par des initiatives et des débats approfondis abordant les véritables problématiques du secteur sportif, au premier rang desquelles figurent les infrastructures et équipements sportifs, qui bénéficient d’une attention particulière de la part du Président de la République ,Kaïs Saïed, eu égard à leur importance dans le développement du sport d’élite et la garantie des conditions de réussite du sport tunisien.

Missaoui a fait remarquer que le forum s’inscrit dans un contexte régional et international particulier, avec notamment l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de football (Maroc-2025), en plus de plusieurs manifestations continentales et internationales. “Ceci impose l’unification des efforts entre les différents intervenants afin d’élaborer une vision intégrée pour le développement, la maintenance et l’exploitation des infrastructures sportives de manière efficace et durable”, a-t-il insisté.

L’agence TAP est convaincue que les médias sportifs jouent un rôle central dans la réussite de ces enjeux, a-t-il affirmé, et ce à travers la diffusion d’une culture de l’investissement et la mise en valeur des expériences réussies, au service de l’intérêt supérieur du sport tunisien.

Le président-directeur général de l’agence TAP a, en outre, souligné que l’investissement dans les infrastructures sportives n’est plus un luxe mais une nécessité impérieuse, “car il est impossible de parler de professionnalisme réel ou de compétitivité sportive sans des espaces qualifiés et une infrastructure moderne répondant aux normes internationales et offrant des conditions adéquates aux sportifs”.

De son côté, la cheffe de cabinet du ministre de la Jeunesse et des Sports, Narjès Beltaïfa, a affirmé que le discours sur le sport ne se limite plus aujourd’hui aux performances et aux résultats, mais est désormais étroitement lié à un système intégré comprenant la formation, la gouvernance, le financement et surtout les infrastructures sportives, qui constituent le socle de toutes les politiques de développement de la performance sportive.

“Les expériences internationales réussies ont démontré que les succès sportifs ne se réalisent pas uniquement grâce à la volonté ou aux talents individuels, mais sont le fruit d’une vision claire, d’un investissement intelligent, d’infrastructures développées et d’une gouvernance saine”, a-t-elle poursuivi.

Beltaïfa a, dans ce sens, indiqué que l’infrastructure sportive est un investissement à long terme et non une simple dépense conjoncturelle, précisant que toute stratégie visant à développer le sport sans accorder une attention suffisante aux infrastructures reste une stratégie incomplète.

“C’est ce que le ministère de la Jeunesse et des Sports s’emploie à concrétiser, malgré le fait qu’une part importante de ces infrastructures fait aujourd’hui face aux défis du vieillissement et à l’augmentation des coûts de maintenance”, a-t-elle assuré, notant que “le véritable enjeu réside ainsi dans l’optimisation maximale de l’investissement disponible, et non seulement dans son volume. Cet investissement revêt également plusieurs dimensions, notamment l’amélioration des conditions d’entraînement et le développement des talents”.

Elle a ajouté que le ministère a entamé l’élaboration de sa stratégie à partir d’un diagnostic objectif et extrêmement précis, portant sur l’état des infrastructures sportives en termes de sécurité et de conformité aux normes internationales, ainsi que sur l’étude de la répartition des infrastructures entre les régions.

“Cette démarche repose sur une vision réaliste et progressive fondée sur plusieurs principes, dont les plus importants sont le renforcement de la gouvernance technique des infrastructures sportives, l’encouragement encadré et réfléchi du secteur privé, ainsi que la conciliation entre l’activité sportive et l’amélioration des indicateurs numériques”, a-t-elle précisé.

La cheffe de cabinet du ministre de la Jeunesse et des Sports a conclu en affirmant que les axes de l’investissement dans les infrastructures sportives reposent essentiellement sur la réhabilitation des infrastructures existantes et la création de nouvelles installations, ainsi que sur la réhabilitation des grandes infrastructures sportives, notamment la rénovation des grands stades (le stade olympique de Sousse, le stade Mustapha Ben Jannet à Monastir, le stade Taïeb Mhiri à Sfax et le stade Hamadi Agrebi à Radès).
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Il est également prévu de lancer la reconstruction du stade olympique d’El Menzah au cours du second semestre de l’année 2026, en plus de l’investissement dans le sport de base en vue de bâtir une élite solide.

Pour sa part, le président de la Commission de l’Education, de la Formation professionnelle, de la Recherche scientifique, et de la Jeunesse et des Sports à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Kamel Farrah, a indiqué que les infrastructures sportives constituent un pilier fondamental du système de la jeunesse et des sports, et un levier de développement économique capable d’attirer les investissements, de créer de la richesse et de générer des emplois.

“La réalité de ces infrastructures en Tunisie révèle toutefois des problématiques structurelles, au premier rang desquelles figure l’incapacité du cadre législatif à suivre les mutations, ce qui a conduit la majorité des infrastructures sportives à souffrir d’un manque d’entretien et de ressources financières limitées”, a-t-il expliqué.

Ces difficultés sont également dues à la nature de législations obsolètes et fragmentées (lois de 1994 et 1995), a-t-il noté, ainsi qu’à l’interconnexion de certaines lois avec le Code des collectivités locales, la loi relative à la lutte contre la violence dans les stades et la loi relative à la lutte contre le dopage, outre l’ambiguïté concernant la propriété et la gestion, la complexité des procédures administratives et la faiblesse des incitations accordées au secteur privé.

Farrah a ajouté que la législation sportive doit évoluer d’un simple outil de régulation vers un véritable mécanisme d’incitation à l’investissement, à condition de réunir plusieurs préalables, notamment la clarification du régime juridique des infrastructures sportives, la définition de leurs catégories, la détermination des modes de gestion, l’instauration du partenariat public-privé et la simplification des procédures administratives par le remplacement des autorisations par des cahiers des charges.

Le rôle attendu de la fonction législative, a-t-il dit, consiste à réviser le cadre juridique du sport afin qu’il soit en adéquation avec les mutations économiques et les exigences de l’investissement, tout en exerçant le rôle de contrôle et en garantissant la cohérence des politiques publiques.

“Le soutien à l’investissement dans les infrastructures sportives ne peut se concrétiser sans une réforme législative audacieuse et équilibrée, conciliant le rôle social de l’État, l’efficacité de l’investissement et les exigences du développement durable”, a conclu le député.

Le programme du forum comprend plusieurs interventions portant sur “La gouvernance des infrastructures sportives en Tunisie: la Cité nationale sportive comme modèle”, “Le développement des infrastructures sportives et leur rôle dans la prévention des blessures”, ainsi que “L’expérience du Complexe sportif international d’Aïn Draham en tant que destination internationale et pôle d’investissement sportif”.

Il sera également question du “Rôle des législations sportives comme mécanisme de soutien à l’investissement dans les infrastructures sportives en Tunisie”, de “L’adéquation des infrastructures sportives aux besoins des sportifs en situation de handicap”, du “Rôle des médias dans la diffusion de la culture de préservation des infrastructures sportives”, en plus d’une intervention technique consacrée aux “Normes internationales adoptées en matière de gazonnement des terrains”.