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ège de Gemalto, spéicaliste d ela sécurité numérique le 10 novembre 2009 à Gemenos, dans le sud de la France (Photo : Gerard Julien)

[08/08/2014 18:01:17] Paris (AFP) Le spécialiste français de la sécurité numérique Gemalto a décidé d’étendre son empreinte sur ce marché d’avenir, alors que se multiplient les attaques contre banques et commerçants en ligne, en rachetant un autre leader du secteur, l’Américain Safenet.

L’acquisition de SafeNet, pour un montant de 890 millions de dollars (666 millions d’euros), devrait être bouclée au quatrième trimestre 2014, une fois reçu l’agrément de l’autorité de la conccurence, a assuré vendredi Gemalto.

“Gemalto et SafeNet sont complémentaires car la protection des services digitaux repose sur deux piliers de confiance”, représentés par les deux entreprise, a déclaré Olivier Piou, le directeur général de Gemalto, lors d’une conférence téléphonique.

SafeNet est spécialiste de l’encodage des données des datacenters et la sécurité des systèmes informatique du côté des entreprises, tandis que Gemalto maîtrise les clés d’authentification et la sécurisation de l’accès aux appareils portables du côté des clients, a-t-il expliqué.

Du fait de la croissance et des synergies découlant de cette acquisition, dans la recherche et ne développement notamment, Gemalto prévoit désormais de dépasser “d’environ 10%” son objectif de résultat des activités opérationnelles pour 2017, jusque-là fixé à 600 millions d’euros, a précisé l’entreprise.

Le marché a salué cette annonce et le titre du groupe prenait 5,66% à 73,15 euros vers 16H00 (14H00 GMT) à la Bourse de Paris, dans un marché en baisse de 0,32%.

L’acquisition de SafeNet “fait sens du point de vue stratégique”, relèvent les analystes de la banque britannique Barclays.

Il s’agit d’une “acquisition de taille moyenne” qui permet à Gemalto de se renforcer dans le domaine des cartes de paiements et des téléphones mobiles, tout comme dans les données d’entreprises et les services en ligne, ajoutent-ils.

“Les catalyseurs sont forts à moyen et long terme”, assure encore un analyste parisien, avec le basculement à partir de 2014 de l’Asie et des Etats-Unis vers les cartes bancaires à puce, jusque-là plutôt répandues en Europe, le lancement de cartes Sim nouvelles générations NFC/4G, qui permettent des opérations sans contact, et des “perspectives très prometteuses dans la sécurité”.

– Période porteuse –

L’acquisition est financée “par 440 millions de dollars de trésorerie disponible et par 450 millions de dollars issus des lignes de crédit existantes”, détaille Gemalto.

“Ultérieurement et selon les conditions de marché”, Gemalto estime qu’il “pourrait entreprendre une opération de refinancement, basée par exemple sur l’émission d’un emprunt obligataire”.

La transaction vise à “accélérer le déploiement de nos solutions de haute sécurité pour les entreprises, et démultiplier nos technologies et opportunités de croissance dans la protection des accès en ligne”, a assuré M. Piou.

“Globalement, notre leadership dans la sécurité numérique s’en trouve renforcé”, a-t-il résumé, alors que Gemalto rappelle que “le monde numérique entre dans une période où une gestion rigoureuse des données numériques sensibles est primordiale”.

Le groupe ne s’interdit pas de réaliser d’autres acquisitions ciblées d’ici 2017, assure également le groupe français.

Présente dans 27 pays, SafeNet, jusque-là détenue par le fonds d’investissements Vector Capital, protège plus de 80% des virements interbancaires dans le monde.

L’entreprise, qui a son siège à Belcamp dans l’Etat du Maryland (Est des Etats-Unis), emploie un peu plus de 1.500 personnes. Elle a enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires de 337 millions de dollars (252 millions d’euros), et vise 370 millions de dollars en 2014.

Gemalto a pour sa part réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 2,38 milliards d’euros, en progression de 7%.

Son plan de développement 2014-2017, présenté en septembre, prévoyait d’atteindre les 600 millions d’euros de résultat opérationnel d’ici 2017, en multipliant par deux sa performance de 2012, sur la base d’une croissance moyenne des ventes à deux chiffres pour la période 2013/2017.