La Grèce sous pression pour accentuer l’austérité en échange d’aide financière

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à Paris (Photo : Eric Piermont)

[14/10/2012 11:47:33] ATHENES (AFP) La Grèce était soumise dimanche à la pression de ses grands créanciers internationaux pour accentuer l’austérité budgétaire en échange d’une aide financière vitale, quatre jours avant un sommet de l’UE sur ce sujet, ont indiqué des responsables grecs alors que selon le Premier ministre Antonis Samaras un accord est en vue.

M. Samaras a assuré au journal Kathimerini paru dimanche que les réductions budgétaires requises seraient approuvées “dans les jours à venir” par le Parlement, dans la foulée du sommet européen du 18 octobre qui aura à son ordre du jour la situation de l’économie grecque.

D’ici au 18 octobre, a ajouté le Premier ministre, son gouvernement et la délégation de la troïka des créanciers (FMI, UE, BCE) “auront mis au point un accord sur les questions budgétaires et les réformes de structure à effectuer au préalable” pour obtenir une tranche de crédit de 31,5 milliards d’euros en suspens depuis juin.

La Grèce, qui négocie depuis trois mois avec la troïka, estimait qu’un premier train de mesures d’austérité d’un montant de 7,8 milliards d’euros suffirait à débloquer ce prêt. Mais la troïka considère que ces mesures d’économie devraient être portées à 9,2 milliards d’euros.

“Nous disons 7,8 milliards, ils disent 9,2 milliards. Il nous faut converger”, a indiqué une source du ministère grec des Finances à l’issue d’une réunion samedi avec la délégation d’experts de la troïka.

Ces experts ont souligné que la récession, plus grave que prévu, ne permettrait pas au gouvernement de tenir ses objectifs, de même qu’un nouveau système public d’assurance-santé lourdement endetté.

La Grèce s’est engagée à ce que sa dette ne représente plus que 120% de son Produit intérieur brut (PIB) en 2020. La BCE et le FMI évaluent plutôt ce chiffre à 140% à cette date, même si la Commission européenne, plus optimiste, table sur 128%, toujours selon le magazine.

La tâche d’Athènes reste difficile. La dette de la Grèce, selon son projet de budget pour l’année prochaine, est encore sur une pente ascendante, devant passer de 169,5% du PIB en 2012 à 179,3% en 2013.

Outre le montant des restrictions budgétaires, la discussion avec la troïka porte sur l’échelonnement des réformes.

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à Tokyo le 13 octobre 2012 (Photo : Kazuhiro Nogi)

La Grèce demande à ses créanciers de lui accorder un délai de grâce supplémentaire de deux ans pour mettre en oeuvre le programme d’assainissement réclamé par ses créanciers. Ce délai devrait lui permettre, a argumenté Athènes, d’appliquer l’austérité sans étouffer l’économie déjà en récession depuis cinq ans et pousser la population dans ses derniers retranchements.

Le FMI est prêt à lui consentir ce répit, comme l’a indiqué jeudi sa directice générale Christine Lagarde. Toutefois, certains pays de la zone euro réticents à prêter plus exigent encore davantage d’efforts d’Athènes.

Le gouvernement de M. Samaras évalue à 13,5 milliards d’euros les sacrifices financiers qu’il impose à la population grecque en 2013 et 2014.

“Mais si aucun délai ne lui est accordé, cet effort d’austérité devra être porté à 18 milliards d’euros”, a estimé une source du ministère grec des Finances.

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a rapporté dimanche que les experts de la troïka ont finalement conclu après examen que la Grèce aurait besoin de deux années supplémentaires pour mener à bien ses réformes de structure.

Les auditeurs “ont demandé la semaine dernière aux ministres des Finances de la zone euro de donner deux ans de plus à la Grèce”, comme celle-ci l’a demandé, a assuré le magazine.

Le report à 2016 de certaines des réformes structurelle coûterait cependant quelque 30 milliards d’euros aux créanciers de la Grèce, a affirmé le Spiegel, sans citer ses sources. De son côté, Athènes estime que les pertes seraient plus faibles, aux alentours de 12 milliards.

Quel que soit son montant, ce trou financier ne pourrait être assumé que si la Banque centrale européenne passait par pertes et profits certaines de ses créances sur la Grèce ou si un troisième paquet d’aide financière était accordé à Athènes.

Le gouvernement grec a également suggéré que la BCE baisse ses taux d’intérêt sur les bons du trésor grecs.

La BCE s’y est refusé, arguant qu’elle n’avait pas mandat de financer les Etats de la zone euro, une activité qui serait contraire à son statut.

En attendant, le Premier ministre Antonis Samaras a prévenu que son pays n’était pas en mesure de supporter davantage d’austérité et que si la prochaine tranche d’aide financière prévue n’arrivait pas, les coffres de la Grèce seraient vides en novembre.