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| élévisions, le 21 septembre 2012 à New Dlhi (Photo : Manan Vatsyayana) |
[10/10/2012 07:51:39] NEW DELHI (AFP) Le “big bang” des réformes économiques en Inde a été unanimement salué par les marchés et a changé l’image d’un gouvernement accusé d’immobilisme mais leur impact sur une reprise de la croissance restait encore bien incertain, selon des analystes.
Depuis mi-septembre, le gouvernement de centre-gauche du Premier ministre, Manmohan Singh, a ouvert des pans entiers de l’économie aux investisseurs étrangers en libéralisant les secteurs de la grande distribution, de l’assurance, de l’épargne-retraite, de l’aérien et de l’audiovisuel.
Mais toutes ces mesures de dérégulation, que les médias ont comparées à l’époque où l’Inde s’ouvrait à l’étranger dans les années 90 sous la houlette du même Manmohan Singh, alors ministre des Finances, pourraient ne pas provoquer d’électrochocs immédiats sur une économie en perte de vitesse.
“Les annonces sont significatives sur le plan symbolique, en partie parce que ces réformes étaient attendues depuis des années et en partie parce que cela montre une volonté politique d’aller de l’avant”, estime Anjalika Barali, analyste au sein d’Eurasia Group.
Mais leur impact pourrait être “limité”, met-elle en garde.
Concernant la réforme du commerce de détail, par exemple, qui permettra aux multinationales étrangères d’ouvrir des hypermarchés, elle ne s’appliquera en fait qu’à neuf Etats sur les 29 que compte l’Inde.
Le gouvernement a en effet décidé d’autoriser l’implantation de grandes surfaces dans les villes peuplées d’au moins un million d’habitants.
Les géants de la grande distribution ne semblent pas non plus se précipiter: pour l’heure, seul l’américain Walmart a annoncé son intention d’ouvrir sa première grande enseigne d’ici les prochains 18 mois.
Les deux autres poids lourds du secteur, le français Carrefour et le britannique Tesco, qui avaient pourtant fait part de leur vif intérêt, sont aujourd’hui en proie à des tourments financiers qui pourraient remiser l’Inde au second plan de leurs priorités stratégiques.
Dans l’aérien, le gouvernement a autorisé les compagnies étrangères à entrer au capital des transporteurs locaux mais là aussi, la situation est peu propice aux afflux massifs d’investissements.
Le secteur, qui a connu un boom au cours des dix dernières années, ploie aujourd’hui sous les dettes et la hausse des prix du pétrole. Illustrant ces difficultés, la compagnie Kingfisher Airlines n’a pas payé ses employés depuis sept mois et lutte pour continuer à voler.
Dans ces conditions, qui voudrait venir la renflouer ?
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| évrier 2010 à New Delhi (Photo : Raveendran) |
Le cabinet-conseil Centre for Asia Pacific Aviation juge peu probable “qu’une compagnie étrangère investisse dans Kingfisher en l’état actuel des choses, avec une dette massive (près de 2 milliards d’euros), des employés démoralisés et une flotte clouée au sol”.
Quant à la réforme permettant aux assureurs étrangers d’augmenter leurs investissements dans les groupes locaux et d’entrer dans le secteur de l’épargne-retraite, le projet de loi doit encore être ratifié au parlement.
Et cela risque de ne pas être une mince affaire au vu des crispations politiques et des menaces de vote de confiance lors de la prochaine session au parlement en novembre.
Un ancien parti-clé de la coalition gouvernementale a accusé le pouvoir de vouloir brader le pays aux étrangers et de prôner des réformes “antipauvres”.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), “les perspectives pour l’Inde sont inhabituellement incertaines”. L’organisme estime que la troisième puissance économique d’Asie devrait connaître cette année une croissance de 4,9%, signant là sa plus faible prévision depuis dix ans.
Les analystes jugent aussi que la libéralisation de l’économie ne règle pas les “problèmes structurels” de l’Inde, citant pêle-mêle les difficultés pour acquérir des terrains, l’insuffisance des infrastructures énergétiques et routières, la corruption endémique et la lourdeur bureaucratique.
“On est passé d’une image d’un gouvernement endormi à un gouvernement en pleine action mais il n’a pas réglé les vrais difficultés, comme le fait de réduire drastiquement les subventions, ce qui est le plus risqué politiquement”, considère Ajay Bodke, responsable de la stratégie pour le groupe d’investissement Prabhudas Lilladher.




