Céréales : la Russie pourrait limiter ses exportations

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ût 2012 à quelques kilomètres de Moscou (Photo : Yuri Kadobnov)

[21/09/2012 09:02:23] MOSCOU (AFP) La Russie pourrait limiter ses exportations de céréales si les prix continuent à augmenter sur son marché intérieur, a dit vendredi le ministre russe du Développement économique, évoquant pour la première fois un éventuel embargo, un scénario exclu jusqu’alors par Moscou.

“La question de l’arrêt des exportations de céréales est liée à la question de la dynamique des prix des céréales dans le pays”, a déclaré Andreï Belooussov, en marge d’un forum économique à Sotchi (sud de la Russie).

“Actuellement, nous voyons une telle tendance. Avec de telles tendances, il est tout à fait possible que le gouvernement décide de limiter les exportations”, a-t-il déclaré, cité par l’agence Interfax.

Il a indiqué qu’une telle décision pourrait être prise à l’automne, une fois que les chiffres de la récolte seront établis.

“Nous sommes tout simplement obligés de défendre notre marché intérieur, nous n’avons aucune illusion en la matière, nous n’admettrons pas de bond des prix des céréales et des prix alimentaires”, a-t-il ajouté.

Selon le ministre, le prix de la tonne de blé de classe 3 est passé en peu de temps de 5.000 roubles (122 euros) à 8.000 roubles (195 euros).

La Russie, troisième exportateur mondial de céréales, a abaissé à plusieurs reprises ses prévisions de récolte pour 2012, en raison notamment d’une sévère sécheresse qui a touché plusieurs régions agricoles du pays.

Cette semaine, Moscou a pronostiqué une récolte de 72-73 millions de tonnes, contre 94,2 millions de tonnes récoltées en 2011, et des exportations comprises entre 10 et 14 millions de tonnes (27 millions de tonnes en 2011).

Les autorités russes avaient toutefois répété jusqu’à présent qu’aucun embargo ne serait imposé sur les exportations de céréales, comme ce fut le cas en 2010, lorsque le pays avait été touché par une sécheresse sans précédent.

Le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch avait notamment qualifié une telle mesure de “nocive et inutile”.

Cette mesure avait été prise dans l’espoir de contenir l’envolée des prix dans le pays, mais elle avait provoqué une hausse des cours mondiaux du blé. L’embargo avait été levé le 1er juillet 2011.