Graphique de la croissance de la production mondiale de céréales (maïs, riz, blé) selon les données FAO 2025-2026Dans une communication d’excellente facture sur le rapport  « biodiversité et sécurité alimentaire: enjeux de résilience des systèmes agricoles », Dhia Bouktila, universitaire et chercheur en génomique appliquée aux systèmes agricoles et environnementaux à l’Université de Monastir  a apporté, indirectement,  un précieux soutien scientifique aux agriculteurs tunisiens dans leur lutte pour la restauration de la diversité des semences céréalières traditionnelles.

En voici quelques extraits de cette communication publiée dans  le site Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI).

Globalement, le chercheur a dénoncé les effets pervers de l’homogénéisation biologique progressive des systèmes de production agricole. Il en cité essentiellement trois :

  • L’érosion génétique qui réduit la capacité d’adaptation des cultures face aux sécheresses, aux maladies émergentes et aux stress climatiques. Dans le contexte tunisien, quelques variétés commerciales tendent à dominer des systèmes agricoles autrefois beaucoup plus diversifiés. Cette standardisation accroît la vulnérabilité des productions agricoles. À l’inverse, les variétés locales, sélectionnées sur plusieurs générations, constituent des réservoirs génétiques essentiels pour l’adaptation future des cultures.
  • Le déclin des pollinisateurs affecte directement la reproduction de nombreuses espèces cultivées et compromet la productivité de plusieurs filières agricoles.
  • La dégradation des sols entraîne une diminution progressive de leur fertilité biologique, réduisant leur capacité à soutenir durablement les rendements.

ABS

En bref

  • Soutien scientifique : Le chercheur Dhia Bouktila (Université de Monastir) valide scientifiquement le combat des agriculteurs pour les semences traditionnelles.
  • Alerte de l’ONAGRI : Une étude publiée met en garde contre les effets pervers de l’homogénéisation biologique de l’agriculture tunisienne.
  • Érosion génétique : La domination de quelques variétés commerciales fragilise les cultures face aux sécheresses et aux maladies.
  • Atout des semences locales : Sélectionnées sur plusieurs générations, elles constituent des réservoirs génétiques indispensables face au changement climatique.
  • Double crise écosystémique : Le déclin des pollinisateurs et la perte de fertilité biologique des sols menacent durablement les rendements.