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| Ã Madrid, le 28 mai 2012 (Photo : Pierre-Philippe Marcou) |
[29/05/2012 11:53:19] MADRID (AFP) Le gouvernement espagnol va approuver vendredi la “mise en commun” des émissions de dette des régions, pour “réduire la pression” sur ces collectivités qui ont de plus en plus de mal à se financer auprès du marché, a annoncé à l’AFP une porte-parole du ministère de l’Economie.
“Je peux vous confirmer que ce sera (approuvé) vendredi”, a-t-elle déclaré, indiquant que les émissions seront “mises en commun, avec la garantie du Trésor”, sous forme d'”hispanobons”:
L’objectif est “de réduire la pression sur les régions, qui est souvent plus forte que sur l’Etat en général, ou même il y a des régions qui ne peuvent pas aller sur le marché” pour emprunter.
Les 17 régions espagnoles, qui jouissent d’une grande autonomie, sont une source d’inquiétudes pour les marchés, parce qu’elles ont été responsables des trois quarts du dérapage budgétaire de l’Espagne en 2011.
Le pays a ainsi enregistré un déficit public de 8,9% du PIB, au lieu des 6% promis, et les régions, qui s’étaient engagées à atteindre 1,3%, avaient affiché un déficit cumulé de 2,94%.
Cette annonce survient à un moment d’extrême tension sur les marchés pour l’Espagne, qui va devoir mener le sauvetage public le plus cher de son histoire, en injectant 23,5 milliards d’euros dans Bankia, la troisième banque du pays par le nombre d’actifs.
Le secteur bancaire est une autre source d’inquiétudes pour les investisseurs, car il est fragilisé depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008.
Pour renflouer Bankia, la porte-parole du ministère a confirmé mardi que “la priorité est d’aller sur le marché”, Madrid étant donc plus disposé à lancer une émission obligataire, malgré la tension actuelle, plutôt que d’injecter directement des titres de dette publique, une option un temps envisagée.
La Bourse madrilène restait dans le rouge mardi en milieu de journée, après avoir clôturé la veille à son plus bas niveau depuis le 27 mai 2003: à 11H21 GMT, l’indice Ibex-35 chutait de 2,44% à 6.245 points.
Sur le marché obligataire, la prime de risque espagnole (surcoût que doit payer l’Espagne pour emprunter à dix ans, par rapport à l’Allemagne, référence du marché) atteignait un nouveau record depuis la création de la zone euro, à 515,5 points.



