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| ère Angela Merkel, le 27 février 2012 au parlement à Berlin (Photo : John Macdougall) |
[01/03/2012 13:43:09] BERLIN (AFP) De timides signes d’un assouplissement de la position allemande sur un renforcement du mécanisme de sauvetage européen MES pointaient jeudi, alors qu’un journal rapportait que la chancelière Angela Merkel était prête à céder aux appels de ses partenaires sur la question.
Berlin continue à ne pas voir la nécessité d’un renforcement du MES, sur fond de relâchement de la pression sur les marchés depuis le début de l’année, mais la chancelière serait prête à se rendre à l’avis du “reste du monde”, rapportait le quotidien Süddeutsche Zeitung sur la foi de sources proches du gouvernement.
“Nous ne pourrons pas indéfiniment résister à la pression” exercée par les autres pays européens et le Fonds monétaire international (FMI), qui appellent avec insistance à mettre plus d’argent sur la table, selon une source citée par le journal.
Après avoir opposé un “non” catégorique à cette revendication, la ligne officielle de Berlin s’est de toute façon quelque peu adoucie ces derniers jours. Angela Merkel a indiqué lundi qu’il convenait d’attendre la fin de l’opération d’échange de dette lancée par la Grèce pour se prononcer sur la question.
Les dirigeants de la zone euro vont donc se pencher à nouveau sur l’enveloppe du MES vraisemblablement fin mars, et non comme prévu initialement ce vendredi.
Un porte-parole du ministère des Finances a précisé qu’à l’heure actuelle “le gouvernement n’avait pas arrêté de nouvelle position” sur une éventuelle augmentation des moyens du MES.
Il a ajouté que les ministres des Finances de la zone euro et de l’Union européenne toute entière devaient se retrouver les 12 et 13 mars (EcoFin et Eurogroupe réguliers) et le 30 mars (réunion informelle).
“Cela laisse du temps pour discuter”, a-t-il fait valoir.
Pour le moment, il est prévu que l’Allemagne apporte 22 milliards d’euros de capital au MES, et des garanties à hauteur de maximum 211 milliards d’euros.
Au sein de la coalition de gouvernement (conservateurs CDU/CSU et libéraux du FDP), une augmentation de la facture est mal vue. Le petit parti conservateur bavarois CSU notamment rue dans les brancards.
Mais le président du groupe parlementaire conservateur au Bundestag, Volker Kauder, a ouvert la porte dans un entretien publié jeudi à un cumul du Fonds de stabilité déjà en place (FESF) et du MES.
“Il pourrait y avoir de bonnes raisons de laisser le FESF en place quelques mois de plus que prévu, pour assurer la transition”, a-t-il dit.
Le cumul qu’il laisse entrevoir serait certes provisoire, alors que les partenaires de l’Allemagne souhaiteraient qu’il soit permanent, mais l’idée de combiner les moyens des deux fonds semble faire son chemin.
L’opposition, qui a en grande partie apporté ses voix au gouvernement pour approuver les dernières mesures de sauvetage de la zone euro, milite pour un gonflement du MES, et est persuadée qu’elle se fera. Le gouvernement fait comme si “on avait le pied sur le frein pour éviter des risques plus élevés, mais au final il n’en est rien”, a déclaré à la radio Frank-Walter Steinmeier, président du groupe parlementaire social-démocrate (SPD), principal parti d’opposition.



