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ébut des soldes à Bayonne, le 4 janvier 2012 (Photo : Gaizka Iroz)

[04/01/2012 16:24:12] SAINT-JEAN-DE-LUZ (Pyrénées-Atlantiques) (AFP) Dès l?ouverture des magasins mercredi matin, premier jour des soldes anticipés d?hiver dans les Pyrénées-Atlantiques, les Espagnols se sont précipités dans les magasins de Saint-Jean-de-Luz pour faire leur shopping avant l’Epiphanie (fête des Rois).

“Saint-Jean-de-Luz est la ville-frontière par excellence et nous comptons de nombreux Espagnols dans notre clientèle. Certains sont venus dès 8 heures pour bénéficier des moins 30 ou 50 % selon les articles, et sur présentation de leur carte de fidélité d?une remise supplémentaire de 10 % jusqu?à 10H00”, explique Remy Sahaguian, directeur de Monoprix.

Comme dans le département limitrophe des Landes, les Pyrénées-Atlantiques ont le droit de démarrer les soldes une semaine avant la date nationale officielle du 11 janvier.

Cette dérogation est justifiée par le fait que les soldes de l?autre côté de la frontière commencent samedi, le lendemain de l?Epiphanie en Espagne, où plus qu’à Noël, ce sont traditionnellement les Rois Mages qui apportent les cadeaux.

Pour M. Sahaguian, ces soldes avancés ont de nombreux avantages: ils “retiennent les Français de ce côté-ci de la frontière et attirent les Espagnols qui avant de fêter les Rois trouvent l?occasion d?acheter des cadeaux à moindre prix”.

“Nous achetons plusieurs fois le même article. Pour nos enfants, nos neveux, nos amis…”, confie Arantxa venue d?Irun (Pays basque espagnol).

A 10H00, à l’ouverture des autres magasins de la ville, la quasi-totalité des magasins de prêt-à-porter haut-de-gamme démarrent leurs soldes à moitié prix. “Les gens attendent moins 50 % pour acheter. Autant le faire de suite”, explique une vendeuse.

Une cliente confirme : “je reluquais ce manteau à 199 euros depuis longtemps, aujourd?hui je me précipite car il est à 99,50 euros”.

En face, dans le magasin d’une célèbre marque de surf, Luis, venu de Vitoria achète des cadeaux pour toute la famille. “En Espagne, nous n?avons pas de marques si diversifiées. En quelques mètres ici, nous trouvons des vêtements Quiksilver, O?Neil ou Catimini pour les enfants. Après nous irons à Biarritz, Anglet, Bayonne vet peut-être à Hossegor”.

Les seuls magasins qui semblent ne pas tirer leur épingle du jeu sont les petites enseignes.

“Les grandes marques ont tellement de marge qu?elles commencent à solder à moins 50 %”, regrette ainsi la propriétaire d?une petite boutique. Tout est faussé. Depuis des semaines certains pratiquent des ventes privées. Entre les promotions, les liquidations, les achats en ligne, les soldes se font sous le manteau”.

Si le textile a la cote, les magasins de bricolage, d?électroménager, de sport, de loisirs ou d?ameublement sont également en vogue. D?une manière générale, les grandes surfaces se taillent la meilleure part, même si un responsable de Conforama à Anglet estime “qu?il y a eu de meilleures années”.

Pour Bruno Brechignac, responsable du pôle commerce service à la Chambre de commerce de Bayonne, l?alignement des soldes françaises sur les espagnoles “crée un flux entre les principales villes de la côte basque et du sud des Landes et, même si la crise est importante chez nos voisins espagnols, on s?aperçoit que nous sommes dans une zone transfrontalière avec un bassin de vie élargi”.

Cette année 2012, les commerçants français ont mis les moyens pour faire leur publicité outre-Bidassoa. “Cadena Ser”, la chaîne de télévision locale diffusée entre Irun et Saint-Sébastien multiplie les spots publicitaires avec comme slogan “Les rois avant l?heure en Iparralde (Pays basque français)”.