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| La Bourse de Paris (Photo : Eric Piermont) |
[19/11/2011 08:23:42] PARIS (AFP) La Bourse de Paris, revenue sous 3.000 points en raison de l’aggravation de la crise de la dette en zone euro, voit mal comment sortir de la tête de l’eau à court terme et espère sans trop y croire une action de la BCE ou la mise en place rapide du Fonds de soutien européen.
Sur la semaine écoulée, l’indice vedette parisien, le CAC 40, a perdu 4,84%, pour tomber à 2.997,01 points, au plus bas depuis le 5 octobre. Depuis le début de l’année, il a reculé de 21,23%.
La crise de la dette européenne a franchi une nouvelle étape cette semaine, puisque des pays jusqu’à présent épargnés, comme la France, ont subi la défiance des investisseurs sur le marché obligataire.
“Les tensions sur le marché obligataire montrent que les risques sont de plus en plus importants en Europe. Il y a beaucoup d’inquiétudes sur la contagion de la crise”, commente Andréa Tuéni, analyste chez Saxo Banque.
Les écarts entre les taux de l’Allemagne et ceux de pays fragilisés comme l’Espagne, ou notés triple A à l’image de la France, ont atteint de nouveaux records et continueront à être surveillés de près dans les prochains jours.
La formation de nouveaux gouvernements et les mesures d’austérité en Italie et en Grèce n’ont pas suffi à ramener le calme sur les places boursières.
“Il faut garder à l’esprit que les nouvelles mesures de rigueur et leur effet sur l’économie prennent du temps à se faire sentir”, pour M. Tuéni.
Le nouveau chef de l’exécutif italien, Mario Monti, va d’ailleurs réunir jeudi prochain un mini-sommet “à trois” à Strasbourg avec le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.
Mais les marchés sont bien en peine de trouver des motifs d’espoir à court terme.
– réforme de la BCE, question épineuse –
“Les marchés constatent le manque d’idées et de mesures concrètes de la part des politiques. Les discussions et les négociations ne donnent rien de nouveau”, selon Andréa Tuéni.
Pour l’heure, la Banque centrale européenne (BCE) poursuit son programme de rachat de titres de dette de pays en difficulté sur le marché, mais les montants en jeu sont trop faibles pour juguler la crise.
En outre, l’Allemagne n’est pas prête à laisser la BCE jouer le rôle de prêteur en dernier ressort, qui permettrait d’aider les pays de manière illimitée.
“La réforme du statut de la BCE est donc une question épineuse, dans un contexte où l’urgente nécessité de trouver de l’argent frais pour faire face aux échéances ne menace plus seulement les pays périphériques de la zone euro,” prévient Fabrice Cousté, de CMC Markets France.
Les marchés comptent également sur le Fonds européen de stabilité financière (FESF) dont les modalités pratiques et le lancement effectif suscitent beaucoup d’interrogations.
“Le coût de sortie de la zone euro est très élevé pour tous les pays européen. Les Européens sont condamnés à trouver une solution à la crise”, préviennent les économistes du courtier Aurel BGC.
Le risque est selon eux que cette crise de la dette se répercute pour de bon sur l’économie réelle, ce qui déprimerait pour longtemps les marchés.
Seul motif de satisfaction, “les chiffres économiques américains sont pour certains de bonne facture”, pour M. Tuéni.
La semaine, qui sera écourtée aux Etats-Unis en raison de Thanksgiving, comportera notamment des indicateurs sur la consommation et la deuxième estimation du PIB pour le troisième trimestre.
Reste une menace aux Etats-Unis, où la Commission mixte du Congrès a jusqu’au 23 novembre, mercredi prochain, pour trouver un accord pour la réduction du déficit budgétaire.
Pour Bruno Cavalier, économiste chez Oddo Securities “une fois de plus, le risque est que l?économie réelle et les marchés fassent les frais de l?irrésolution politique”.



