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é de Princeton, le 10 octobre 2011 (Photo : Stan Honda)

[10/10/2011 19:56:10] PRINCETON (Etats-Unis) (AFP) La crise de la dette publique de la zone euro est facile à résoudre d’un point de vue économique, ont affirmé lundi les deux économistes américains lauréats du prix Nobel, Christopher Sims et Thomas Sargent, tout en reconnaissant la difficulté politique.

“Mon point de vue est que si l’euro doit survivre, il faudra que la zone euro conçoive une manière de partager les fardeaux budgétaires, et de relier la compétence budgétaire à la BCE et son rôle de prêteur en dernier ressort”, a déclaré M. Sims lors d’une conférence de presse à Princeton (New Jersey, Nord-Est des Etats-Unis).

“Aujourd’hui aucun de ces liens n’est clair, et si ces liens restent aussi peu clairs et qu’ils [les Européens] essaient de revenir à un système où il n’y a de fait aucun pendant budgétaire à la BCE, les perspectives pour l’euro seront sombres”, a-t-il considéré.

M. Sims avait prédit dans un article en 1999 une crise à la zone euro si elle restait comme elle avait été fondée, sans autorité budgétaire centrale.

Son confrère, M. Sargent, a comparé la situation de la zone euro avec celle des treize Etats fondateurs des Etats-Unis, lourdement endettés après l’indépendance en 1776, et qui décidèrent de restaurer leur crédibilité budgétaire en unissant leurs budgets avec la Constitution de 1787.

“Nous sommes nés avec une solution déterminée aux problèmes auxquels est confrontée l’Europe actuellement. Et ce fut une solution globale, mise en oeuvre dans un certain ordre. Cela s’est fait de manière simultanée grâce à un processus qui ressemble à un miracle”, a-t-il rappelé.

“Je pourrais dire qu’il n’y a pas de questions nouvelles pour la théorie économique avec l’Europe et l’euro. Et Alexander Hamilton [le premier secrétaire au Trésor des Etats-Unis, de 1789 à 1795] les connaissait en quelque sorte. La difficulté c’est la politique”, a estimé M. Sargent.