![]() |
| ésident des Etats-Unis Barack Obama, le 4 février 2011 à Washington (Photo : Saul Loeb) |
[07/02/2011 15:53:43] WASHINGTON (AFP) Le président Barack Obama devrait donner de nouveaux signes d’apaisement au monde des grandes entreprises lundi en appelant le patronat à l’aider à relancer le marché de l’emploi et à soutenir son programme d’investissements pour la prospérité des Etats-Unis.
M. Obama doit prononcer un discours à 11H30 (16H30 GMT) devant la Chambre de commerce américaine, une puissante émanation du grand patronat avec laquelle son administration a ferraillé pendant la première moitié de son mandat.
Les hostilités ont culminé lors des élections de mi-mandat en novembre 2010, lors desquelles la Chambre a ouvertement soutenu des candidats républicains face aux alliés de M. Obama, finalement défaits dans les urnes.
Présenté par ses adversaires comme l’apôtre d’une politique “tueuse d’emploi”, à l’exemple selon eux de la réforme de l’assurance-maladie, M. Obama a d’autant plus de mal à se défaire de ces critiques que son bilan en la matière est loin d’être reluisant après deux ans de pouvoir.
Le taux officiel de chômage s’établit encore de 9% et le rythme de création d’emplois reste bien trop faible pour reconquérir rapidement les quelque 8 millions de postes perdus lors de la récession de 2008-2009.
L’allocution de M. Obama devant la Chambre de commerce, dont le siège est situé en face de la Maison Blanche, va s’inscrire dans la continuité de son discours sur l’état de l’Union le 25 janvier, dans lequel il avait appelé les Etats-Unis à investir pour rester compétitifs face aux puissances montantes, notamment dans la recherche, l’enseignement et les infrastructures.
Samedi, lors de son allocution hebdomadaire, M. Obama a appelé à une coopération entre gouvernement et entreprises pour parvenir à ces objectifs et relancer la machine économique, se démarquant toutefois du “laissez-faire” prôné par les républicains, qui dominent désormais l’une des chambres du Congrès.
“Notre gouvernement a l’obligation de faire en sorte que les Etats-Unis soient le meilleur endroit sur terre pour entreprendre. (Il nous faut) les meilleures écoles, les meilleures incitations à innover et les meilleures infrastructures”, a-t-il affirmé.
Mais il a aussi souligné que les entreprises avaient la responsabilité de “s’implanter ici, d’embaucher nos ouvriers, de payer des salaires décents et d’investir dans l’avenir du pays”.
“C’est le message que je signifierai aux patrons américains à la Chambre de commerce: l’Etat et les entreprises ont des responsabilités mutuelles”, a indiqué le président.
Il y a encore un an, M. Obama n’avait pas de mots assez durs contre les banquiers “gras” de Wall Street. Il avait même proposé sans succès un impôt punitif contre les institutions financières.
Mais après la “raclée” des législatives, le président, qui ne manque jamais d’exalter l’esprit d’entreprise des Américains et les PME, a lancé de multiples perches au grand patronat, en particulier lorsqu’il s’est agi de renouveler son équipe de conseillers.
Il a ainsi recruté début janvier comme secrétaire général de la Maison Blanche William Daley, ancien ministre du Commerce et haut responsable de la banque JP Morgan Chase, qui a aussi touché des jetons de présence de grandes entreprises pharmaceutique et aéronautique.
Par un spectaculaire changement de ton, le président de la Chambre de commerce, Thomas Donohue, avait salué l’arrivée d’un responsable doté d’une “stature et une expérience extraordinaires”. Ce rapprochement a toutefois fait grincer des dents au sein de l’aile gauche du parti démocrate.



