Voyageprive.com, success-story à la française avec un Pdg dans la Silicon Valley

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à Paris le 18 janvier 2011 (Photo : Eric Piermont)

[19/01/2011 13:45:25] PARIS (AFP) Coter sa société à New York et vivre aux Etats-Unis sont ses “rêves de gosse”. Le Pdg de voyageprivé.com, basé à Aix-en-Provence, en a réalisé un: il vit dans la Silicon Valley et vise un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2013 avec son site.

Et pourtant, ce club qui propose chaque semaine à ses 6,5 millions de membres actifs une quarantaine d’offres exclusives pour des voyages haut de gamme dégriffés qui durent 5 jours maximum, n’a vu le jour qu’en 2006.

Trois ans plus tard, les ventes de voyageprivé.com ont atteint 100 millions d’euros, un chiffre multiplé par deux en 2010, fort d’un modèle “adapté au monde actuel” explique à l’AFP Denis Philipon, de passage à Paris.

Le concept a permis au site de “tirer son épingle du jeu pendant la crise”, dit-il.

En 2010, près de 700.000 personnes sont passées par son site pour voyager. 1,2 à 1,3 million sont visés cette année. Les catégories sociales supérieures sont son coeur de cible. Le panier moyen est en effet autour de 800 euros.

Pour 2011, l’objectif est de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires. La société fait des bénéfices, autour de 5,5 millions d’euros en 2009 et en 2010.

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é.com, le 18 janvier 2011 à Paris (Photo : Eric Piermont)

D’ici la fin de l’année, la société emploiera 260 personnes contre 150 en 2010, ajoute l’ancien Pdg de Lastminute.com, qui voulait créer sa propre entreprise.

Le capital de Voyageprivé.com est détenu entièrement par le management, M. Philipon, cofondateur du site, étant majoritaire.

Depuis son ouverture, voyageprivé.com réalise encore la grande majorité de ses ventes en France mais a essaimé depuis la fin 2008 en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne.

Depuis l’été dernier, la société s’est lancée un nouveau défi avec les Etats-Unis. Pour réussir, le Pdg, âgé 44 ans, n’a pas hésité à quitter sa bastide au pied de la montagne Sainte-Victoire pour s’installer dans le berceau du web, direction Palo Alto, avec sa femme, polonaise, et leurs cinq enfants.

“C’était un rêve de gosse de vivre là-bas”, explique M. Philipon, au look plus d’étudiant que de businessman.

Un rêve qui représente aussi un investissement financier pour réussir dans ce pays où les ventes privées en ligne sont popularisées depuis peu mais où les acteurs sont nombreux. Néanmoins, il se donne trois ans pour faire aux Etats-Unis ce qu’il a fait en Europe, se positionner parmi les grands de l’e-tourisme.

“On est dans une phase d’apprentissage face à un marché où il est compliqué d’émerger rapidement”, dit ce diplômé de l’école de commerce française European Business School. Un marché cher “avec des frais d’encaissement bancaire de 2,5% contre 0,3% en France”, détaille-t-il.

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à la Bourse de New York le 31 août 2010 (Photo : Stan Honda)

En attendant d’être coté un jour, son autre “rêve de gosse”, en l’occurrence au Nasdaq, il va poursuivre cette année la conquête de l’Europe: l’Allemagne, la Russie et la Pologne. L’international doit représenter à la fin 2011 25% des ventes contre 12% aujourd’hui.

Les pays émergents – Chine, Inde et Brésil – sont aussi dans sa ligne de mire. “Nous sommes dans une phase de décision qui prendra deux mois”, avoue celui qui a quitté l’agroalimentaire (Mars, Pepsi..) “où il y a peu d’espace d’expression” pour le voyage, “un métier de passionnés”.

Pas question en attendant de diversifier l’offre en proposant des voyages sur mesure – activité “moins rentable” – et toujours pas de possibilité de réserver pour cet été le lieu préféré de villégiature d’une famille. Dans ce club, les offres tournent et le client s’adapte.

“Quand Expedia propose 300 hôtels, nous on en a un, mais on le connait sous toutes les coutures”, avance-t-il.