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| à la grève générale, le 22 septembre 2010 à Madrid (Photo : Dominique Faget) |
[29/09/2010 07:35:29] BRUXELLES (AFP) Grève générale en Espagne, grande euro-manifestation à Bruxelles: les syndicats tentent mercredi de mobiliser dans toute l’Europe contre l’austérité qui prévaut depuis la crise de la dette.
Point d’orgue de cette journée, la Confédération européenne des syndicats (CES) espère faire défiler dans la capitale européenne 100.000 personnes venues de 30 pays pour dire “non à l’austérité”.
Ce serait la plus importante manifestation de ce type depuis décembre 2001, où la CES avait mobilisé 80.000 personnes à Bruxelles pour réclamer “plus d’Europe sociale”.
Les syndicats espèrent envoyer un signal à la Commission européenne, qui présente le même jour ses plans pour infliger des amendes aux pays de la zone euro qui ne réduisent pas leur dette assez vite ou dépensent trop; mais aussi aux ministres des Finances de l’UE, qui se réunissent le lendemain à Bruxelles.
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| érité, le 8 juillet 2010 à Lisbonne, au Portugal (Photo : Patricia de Melo Moreira) |
Depuis la crise de la dette, qui a ébranlé l’euro en mettant en lumière les dérives budgétaires de la Grèce puis d’une série d’autres pays, la plupart des gouvernements tentent d’assainir leurs finances publiques avec des mesures d’économies et des réformes difficiles comme celles des retraites.
“L’austérité est à la mode, elle est partout”, dénonce John Monks, secrétaire général de la CES, dans un message vidéo sur internet.
“Nos gouvernements, presque tous, s’embarquent dans des coupes importantes dans les dépenses publiques. Ils le font à un moment où l’économie est très proche de la récession, et très certainement on va voir l’économie retomber en récession sous l’effet de ces coupes”, prévient-il.
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| étaire général de la CES, le 4 juin 2010 à Bruxelles (Photo : John Thys) |
Les inquiétudes sont particulièrement fortes en Espagne, où, sous pression de l’UE et du FMI, le gouvernement a baissé les salaires des fonctionnaires, gelé les retraites, mis fin à certaines prestations sociales et réformé le marché du travail. Mercredi, ce sera la grève générale dans le pays.
Mais des mouvements de protestation sont aussi prévus le même jour ailleurs en Europe.
La première confédération syndicale portugaise CGTP, proche du parti communiste, organise des manifestations à Lisbonne et à Porto (nord). Elle espère une participation plus importante que lors de la dernière journée d’action du 8 juillet, qui avait vu 10.000 personnes manifester à Lisbonne.
Les deux principales centrales syndicales en Pologne, Solidarité et OPZZ, attendent “plusieurs milliers de participants”, à une manifestation devant le siège du gouvernement.
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| âtiments de la Commission européenne, le 20 mai 2010 à Bruxelles (Photo : Georges Gobet) |
D’autres rassemblements sont annoncées en Irlande, en Italie, en Serbie, en Lettonie.
Dans tous les pays, les revendications se ressemblent: soutenir la croissance, ne pas faire payer les salariés pour les erreurs commises par le secteur financier.
“Les responsables de la crise, les banques, les marchés financiers et les agences de notation financière, prompts à en appeler au secours des Etats et des budgets publics, veulent aujourd’hui faire payer aux travailleurs le coût de la dette qu’ils ont provoquée”, dénonçait ainsi lundi Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat français Force ouvrière (FO).
“Nous allons poursuivre cette campagne, nous battre pour la croissance, nous battre pour les emplois, nous battre pour protéger l’Europe sociale”, prévient aussi John Monks.
En France, rendez-vous est déjà pris pour samedi avec de nouveaux rassemblements prévus contre une très impopulaire réforme des retraites, qui vise à faire travailler les Français plus longtemps, à l’image de leurs voisins européens.






