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| à la 4e licence mobile, arrivent au siège de l’Arcep (Autorité de régulation des télécoms), le 28 octobre 2009 à Paris. (Photo : Thomas Coex) |
[16/12/2009 08:21:15] PARIS (AFP) Sauf surprise de dernière minute, le fournisseur d’accès internet Free devrait recevoir son cadeau de Noël dès vendredi, en étant désigné comme le 4e opérateur mobile français, ce qui lui permettra de vendre ses forfaits vers l’été 2011.
L’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) dévoilera ce jour-là le résultat de l’appel à candidatures à la 4e licence de téléphonie mobile, auquel seule Iliad, maison mère de Free, a postulé.
Après les défections des autres groupes intéressés, notamment Virgin Mobile et Numericable, le numéro deux de l’internet en France a de grandes chances de l’emporter: en 2007, son dossier avait été rejeté car il souhaitait payer en plusieurs fois la licence, alors facturée 619 millions.
Mais le prix a été réduit à 240 millions d’euros car le nouvel entrant disposera de moins de fréquences pour faire transiter ses appels.
Considéré dès le départ comme “le candidat, de loin, le plus crédible” par les analystes de Société Générale, Free a des “chances de succès (…) très élevées”, souligne aussi Natixis.
L’Arcep, qui a longtemps critiqué le manque de concurrence dans la téléphonie mobile en France, a tout fait pour accélérer les choses: alors qu’elle avait jusqu’au 29 mai 2010 pour attribuer la licence, elle a choisi de se prononcer avant Noël.
Les recours devant Bruxelles et le Conseil d’Etat déposés par Orange (France Télécom), SFR et Bouygues Telecom, furieux que le prix soit plus bas que celui de leurs propres licences, n’ont pas non plus ralenti le processus.
Et même si Nicolas Sarkozy s’est dit en septembre “assez sceptique” sur ce dossier, le président de l’Arcep Jean-Ludovic Silicani assure n’avoir “reçu aucun appel de l’Elysée, de Matignon ou d’un élu influent”.
Comme Free a promis que, s’il était choisi, il lancerait son offre dans les dix-huit mois, alors l’Hexagone devrait compter, à l’été 2011, quatre opérateurs mobiles, dans la moyenne européenne.
Son dossier de candidature sera noté sur 500 par l’Arcep. Dans cette note globale, les deux éléments les plus importants, évalués chacun sur 100, sont la “cohérence et crédibilité du projet” et la “couverture du territoire”.
Suivent les critères de la “cohérence et crédibilité du plan d’affaires”, noté sur 75, et des “offres tarifaires”, sur 65.
Free devra prouver qu’il peut couvrir 25% de la population en deux ans et financer le déploiement de son réseau, un investissement évalué à un milliard d’euros.
Pour lui, le temps presse: comme l’a noté l’Autorité de la concurrence cette semaine, les opérateurs disposant de l’attirail complet (téléphonie fixe et mobile, internet), comme SFR et Bouygues Telecom, commencent à en profiter commercialement en croisant leurs bases de clientèle pour recruter de nouveaux abonnés ou en proposant des packs à prix attractifs.
Soulignant que Free a pâti du fait qu'”il ne dispose pas de base d?abonnés mobiles à ce jour”, l’Autorité s’est autosaisie du sujet, pour vérifier ses effets sur la concurrence.
En attendant vendredi, les trois opérateurs en place tentent d’afficher un air détendu: “un opérateur né de la concurrence n’a pas à avoir peur de la concurrence”, a assuré mardi le directeur général délégué de Bouygues Telecom, Emmanuel Forest.
“Nous prenons l’arrivée d’un concurrent supplémentaire de manière plutôt sportive”, a déclaré au Monde Frank Esser, PDG de SFR, tandis que Stéphane Richard, futur patron de France Télécom, a reconnu auprès du Figaro que Free “est un concurrent redoutable”, souhaitant “préparer Orange au mieux à son arrivée”.



