[01/12/2009 23:02:08] BRUXELLES (AFP)

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à Nanjing (Photo : Philippe Lopez)

Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a annoncé mardi qu’il avait toutes les chances de rester jusqu’à l’été 2012 à la présidence de l’Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de la zone euro, un lot de consolation après avoir manqué celle de l’Union européenne.

M. Juncker, qui cumule les fonctions de Premier ministre et de ministre du Trésor dans son pays, dirige déjà le forum des ministres des Finances de la zone euro depuis janvier 2005.

Il avait été reconduit en 2008 pour un mandat de deux ans s’achevant fin 2010.

Mais l’entrée en vigueur ce mardi du traité de Lisbonne a change la donne en formalisant l’existence de l’Eurogroupe, désormais inscrite dans le marbre du traité, et en fixant à deux ans et demi le mandat de son président.

M. Juncker a donc indiqué qu’il serait candidat pour un nouveau mandat démarrant début 2010 et s’achevant deux ans et demi plus tard, soit fin juin 2012.

“J’ai déclaré à mes collègues que j’étais candidat à ma propre succession, il n’y a pas à ce jour d’autres candidatures”, a-t-il ajouté.

“Il y a eu un large accord sur la proposition que je faisais (…) il n’y a pas eu de protestations véhémentes, mais au contraire des commentaires encourageants”, a ajouté M. Juncker, tout en précisant que la décision formelle serait prise en janvier prochain.

La presse italienne avait fait ces derniers mois état de l’intérêt du ministre italien de l’Economie et des Finances, Giulio Tremonti, pour la fonction. Certains médias ont aussi cité la ministre française Christine Lagarde comme possible candidate.

M. Juncker, doyen des dirigeants européens en exercice, avait récemment caressé l’espoir de devenir le premier président permanent du Conseil européen. Mais il a échoué face à l’ancien Premier ministre belge Herman Van Rompuy, qui a pris ses fonctions mardi. Le poste a été créé par le traité de Lisbonne.

L’entourage de M. Juncker reste amer car il a eu le sentiment que le chef du gouvernement luxembourgeois aurait pu emporter l’adhésion sur son nom sans l’opposition du président français Nicolas Sarkozy.

Ses proches estiment que le Premier ministre luxembourgeois bénéficiait du soutien d’un grand nombre de pays lors du sommet européen du 19 novembre dernier qui a tranché, en particulier de la présidence suédoise de l’UE et de la chancelière allemande Angela Merkel. Mais que le chef de l’Etat français s’y est opposé au profit de M. Van Rompuy.

La décision devait être prise à l’unanimité.

Dans le passé, les responsables français n’ont pas caché, au moins en privé, leurs critiques à l’égard de M. Juncker. Ils lui ont reproché d’être resté trop passif à l’automne 2008 lors de la crise financière et de ne pas avoir joué le jeu européen en défendant bec et ongles le secret bancaire au Luxembourg.

Toutefois, dès le 19 novembre, M. Sarkozy, interrogé sur son opposition supposée à M. Juncker pour le poste de président de l’UE, avait catégoriquement démenti.