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éen aux Affaires économiques Joaquin Almunia, le 18 février 2009 à Bruxelles (Photo : Dominique Faget)

[03/03/2009 15:00:37] BRUXELLES (AFP) La Commission européenne a tenté de rassurer mardi face aux inquiétudes sur une défaillance financière d’un pays de la zone euro du fait de la crise en affirmant qu’un mécanisme d’aide était prévu, et a plaidé pour des emprunts émis en commun par plusieurs pays.

“Si une crise devait éclater dans un pays de la zone euro, il y a une solution avant de devoir rendre visite au FMI”, le Fonds monétaire international, a déclaré le commissaire aux Affaires économiques Joaquin Almunia devant un centre de réflexion bruxellois.

Il s’est refusé toutefois à en dévoiler les détails car “il ne serait pas intelligent d’en parler en public”.

“Ne redoutez pas un tel moment, nous sommes équipés intellectuellement, politiquement et économiquement pour faire face à un scénario de crise”, a ajouté le commissaire espagnol.

Formellement pourtant, il n’existe pas de mécanisme de solidarité entre les pays de la zone euro en cas de défaillance d’un pays membre, malgré le fait qu’ils partagent la même monnaie. Ce qui alimente précisément certaines des inquiétudes actuelles.

Chacun doit faire face seul, selon le traité de Maastricht, à d’éventuelles difficultés financières.

Par ailleurs, la Banque centrale européenne, contrairement à ce que peut faire sa consoeur américaine, n’est pas autorisée à venir à la rescousse de gouvernements en difficulté financière en leur fournissant des liquidités en échange d’emprunts d’Etat.

La porte-parole de M. Almunia a par la suite cherché à relativiser la portée de ses propos en soulignant que l’éventualité de voir un Etat de la zone euro devenir insolvable restait “très improbable”.

“Il n’y a aucun élément montrant qu’une telle situation va survenir”, a-t-elle dit.

M. Almunia a seulement “dit que si une situation survenait où un pays de la zone euro avait des difficultés une solution serait trouvée, (…) il y aurait de la solidarité, d’une manière ou d’une autre”.

Le débat sur l’éventualité d’une défaillance d’un pays de la zone euro a gagné en vigueur avec le creusement des déficits dans plusieurs pays, notamment l’Irlande, à des niveaux encore rarement vus, ce qui suscite l’inquiétude des marchés financiers.

Un des moyens possibles pour épauler un pays européen qui aurait du mal à emprunter des fonds sur les marchés serait l’émission d’euro-obligations, des emprunts d’Etat souscrits par plusieurs pays en même temps, pour mutualiser les risques.

Avec la crise, un certain nombre de pays de la zone euro jugés fragiles par les marchés financiers, comme la Grèce ou l’Irlande, doivent payer des taux d’intérêt beaucoup plus élevés que par le passé pour emprunter sur les marchés obligataires afin de financer leurs déficits, ce qui contribue à les augmenter encore plus.

M. Almunia s’est dit favorable à cette idée, soutenue en particulier par l’Italie. Elle est “possible” et “raisonnable”, a-t-il.

Le commissaire européen a toutefois reconnu que dans l’immédiat un tel projet était peu réaliste “car certains Etats importants membres ont dit non” à un tel projet.

L’Allemagne notamment, principale économie européenne, rejette cette idée jusqu’à présent.

Elle bénéficie grâce à sa réputation de solidité financière des taux d’intérêt les moins élevés sur les marchés et refuse de payer pour d’autres pays moins vertueux sous la forme d’emprunts mutualisés à des taux plus élevés.