La banque en difficulté Fortis partiellement nationalisée par le Benelux

 
 
[28/09/2008 22:41:47] BRUXELLES (AFP)

photo_1222636135985-4-1.jpg
à Bruxelles pour un sommet du Benelux pour sauver la première banque de Belgique (Photo : Eric Vidal)

Les trois Etats du Benelux, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg, vont partiellement nationaliser le bancassureur en grande difficulté en apportant 11,2 milliards d’euros, afin d’éviter une contagion de la crise financière venue des Etats-Unis en Europe.

L’Etat belge va investir 4,7 milliards en échange d’une participation de 49% dans la filiale bancaire belge du groupe, les Pays-Bas vont injecter 4 milliards d’euros pour 49% de la filiale néerlandaise et le Luxembourg 2,5 milliards d’euros pour 49% de la filiale luxembourgeoise, selon un communiqué publié dimanche soir par toutes les parties à l’issue d’une réunion de crise à Bruxelles.

Il s’agit d'”une action concertée des trois gouvernements et des autorités de contrôle respectives pour soutenir Fortis”, souligne le texte.

“Je remercie les membres des différents gouvernements”, a commenté devant la presse le ministre belge des Finances Didier Reynders. “L’important, c’est que c’est un accord ‘Benelux’. Les gouvernements interviennent directement pour prendre le contrôle des trois banques dans les trois pays”, a-t-il relevé.

Au nom du Luxembourg, le ministre de l’Economie, Jeannot Kreké, a estimé que cette opération reflétait la volonté du gouvernement du Grand Duché de “soutenir le système financier en crise”.

“Nous voulons assurer la stabilité de la place financière” de Luxembourg, “nous voulons assurer les dépôts de la banque, nous voulons sauver les 2.500 emplois de Fortis-banque au Luxembourg”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Dans le même temps, le bancassureur belgo-néerlandais va se séparer des actifs qu’elle avait achetés l’an dernier dans son concurrent néerlandais ABN Amro. Le nom du repreneur n’a pas été immédiatement précisé, mais selon certains informations de presse le groupe néerlandais ING serait sur les rangs.

photo_1222639131437-4-1.jpg
Fortis en chiffres (Photo : null)

Un prix de 10 milliards d’euros a été évoqué, très loin des 24 milliards d’euros que Fortis avait dû débourser pour s’emparer d’une partie d’ABN Amro, lors d’une OPA sur le groupe menée de concert avec les banques espagnole Banco Santander et britannique Royal Bank of Scotland.

Par ailleurs, le président du conseil d’administration de Fortis, Maurice Lippens, va quitter son poste.

L’option d’une nationalisation, au moins partielle, s’est imposée après l’échec de négociations menées tout au long du week-end visant à trouver un éventuel repreneur privé pour Fortis.

Le groupe bancaire français BNP-Paribas a fait une offre qui a été jugée insuffisante, tant par Fortis que les gouvernements, selon des sources proches du dossier.

Les pouvoirs publics de Belgique, Pays-Bas et Luxembourg se sont mobilisés pendant deux jours pour tenter de trouver une issue et éviter un dépôt de bilan à Fortis, confronté à des difficultés de trésorerie. Son cours en Bourse s’est effondré de 30% environ la semaine dernière.

Fortis a perdu plus de 2 milliards d’euros dans la crise des prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis et est fragilisé par l’achat d’ABN Amro au prix fort.

Une faillite aurait constitué une catastrophe économique sans précédent, en Belgique notamment, où l’établissement est très implanté et joue un rôle de premier plan dans le financement des entreprises et des ménages.

Fortis emploie 85.000 personnes au total dans une cinquantaine de pays.

 28/09/2008 22:41:47 – Â© 2008 AFP