[06/06/2008 11:46:21] PARIS (AFP)
Le déficit commercial de la France s’est un peu réduit en avril par rapport au mois de mars, un chiffre un peu rassurant même si la baisse des importations illustre bien “la baisse de régime actuelle de la consommation des ménages”, selon les économistes. Le déficit commercial s’est réduit en avril à 3,716 milliards d’euros contre 4,266 milliards le mois précédent, en données corrigées des variations saisonnières, ont annoncé vendredi les Douanes. “Après la forte augmentation du déficit extérieur en mars, un repli correctif était inévitable en avril”, juge Marc Touati, de Global Equities. Sur douze mois, le déficit cumulé reste cependant “historique”, à -43,732 milliards d’euros. La légère embellie du mois d’avril s’explique à la fois par une hausse des exportations et une baisse des importations. Les exportations ont ainsi augmenté à 34,966 milliards d’euros (contre 34,479 milliards en mars). Elles ont été stimulées par les ventes vers l’étranger de produits agro-alimentaires et de biens intermédiaires. En revanche, “les ventes d’équipements professionnels qui avaient soutenu l’activité au premier trimestre, retombent, à la fois pour les matériels de transport et les équipements mécaniques”, selon le site internet du ministère des Finances. “L’analyse de la performance de ce secteur est riche d’enseignements: les ventes résistent vers l’Allemagne, les nouveaux Etats membres de l’UE et la Chine. Autrement dit, la France bénéficie de l’insolente santé de l’industrie outre-Rhin (au-delà de certains aléas conjoncturels) mais également de l’appétit vorace des économies émergentes pour ses biens d’équipements”, souligne Alexander Law, chez Xerfi. La baisse du déficit commercial s’explique aussi par le recul des importations en avril à 38,682 milliards d’euros (contre 38,745 milliards en mars). Mais ce repli, pour le troisième mois consécutif, n’est pas forcément une bonne nouvelle, selon les économistes. “Il confirme le fort ralentissement de la demande intérieure et en particulier de la consommation”, relève Marc Touati. Par ailleurs, “les importations d’automobiles continuent d’augmenter, aggravant le déficit du secteur à un niveau de 137 millions d’euros. Autrement dit, la résistance de la consommation se fait de plus en plus au détriment de la production nationale et à l’avantage des importations”, poursuit M. Touati. “La publication de ce jour vient nous rappeler que la consommation des ménages reste extrêmement fragile”, renchérit Alexander Law. Autre inquiétude: “l’appréciation excessive de l’euro et le ralentissement de la croissance mondiale”, qui “vont de plus en plus peser sur nos exportations”, selon Marc Touati. Ainsi, les exportations ont surtout progressé vers l’Union européenne en avril, mais elles se sont en revanche nettement contractées vers l’Amérique, souligne le ministère. |
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