Des start-ups s’unissent sur internet pour évaluer leurs investisseurs

 
 
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Capture d’écran du site “The Funded”

[17/02/2008 16:20:12] SAN FRANCISCO (AFP) En créant “TheFunded”, une communauté en ligne où les dirigeants de start-ups peuvent échanger des informations sur les investisseurs, un entrepreneur de la Silicon Valley veut tenter d’inverser les rôles avec les groupes tout-puissants de capital-risque.

Adeo Ressi, qui avait choisi de rester anonyme jusqu’au mois dernier, a créé ce forum en ligne sans précédent il y a un an pour aider les entrepreneurs à ne pas se faire dévorer par les requins de la finance.

“En gros, l’entrepreneur est comme un agneau qui entrerait dans la tanière du loup”, a-t-il déclaré à l’AFP. “Nous allons changer cela”.

Sur “TheFunded.com”, les patrons de start-ups notent les sociétés de capital-risque et partagent leurs expériences.

Certains se plaignent sur ce site internet du fait que les investisseurs sont arrogants, hypocrites ou parfois même leur volent leurs idées.

Une société est par exemple décrite comme “futée, mais dangereuse (…) Les roues du bus sous lequel ils vous jetteront risquent de faire mal”, écrit un intervenant.

“Je pense que ‘TheFunded’ est une bonne source d’informations anecdotiques qui aide les entrepreneurs inexpérimentés à en savoir un peu plus sur la façon dont fonctionne la Silicon Valley”, estime Drew Lanza, membre de la société de capital-risque Morgenthaler Ventures.

“Mais j’ajouterais que le pluriel d’anecdotes ne veut pas dire données, et que les jeunes entrepreneurs devraient considérer ce qu’ils lisent sur le site avec précaution”, ajoute-t-il.

M. Ressi s’assure que les contributeurs de son site, quelque 6.000 dirigeants de toute la planète, sont bien à la tête d’une entreprise et efface toute information qui permettrait de les identifier.

“Ces gens ouvrent leur coeur avec des histoires assez détaillées de bons et de mauvais traitements”, explique-t-il.

“The Funded” peut être une ressource “saine et constructive”, mais il faut garder en tête que les entrepreneurs peuvent réagir de façon émotionnelle à un rejet, estime de son côté Bob Ackerman, fondateur d’Allegis Capital et ancien chef d’entreprise.

“Leur société est leur bébé”, explique ce porte-parole de la National Venture Capital Association. “Quand vous dites à quelqu’un que son bébé n’est pas joli, ça devient une affaire personnelle”.

Adeo Ressi est un héros aux yeux de dirigeants comme Tom Faust, qui se démène pour lever des fonds pour sa start-up Redwood Renewables, spécialisée dans les tuiles produisant de l’energie solaire.

“Adeo est un saint pour les entrepreneurs”, dit-il.

Pour Brady Brim-DeForest, fondateur de Human Global Media, qui en est à sa quatrième start-up, The Funded “pousse (les groupes d’investissement) à rendre des comptes pour la façon dont ils font des affaires”. “Nous avons créé un sens de la communauté et élevé un peu le niveau”, ajoute-t-il.

Mais les sociétés de capital-risque dénoncent de leur côté le manque de crédibilité des commentaires anonymes, et l’absence d’un droit de réponse sur le site.

“Cela ne donne le point de vue que d’un seul côté et n’offre aucune chance de réfuter” les informations, déplore Sanjay Subhedar, membre de Storm Venture.

“D’une certaine façon, ‘TheFunded’ appartient à une culture qui récompense le commérage et tolère des attaques anonymes à l’encontre d’individus, et je regrette la dérive vers le vulgaire de notre société en général”, estime Drew Lanza. “Si j’allume ma télé et que je tombe sur un autre programme de télé-réalité, je vais la jeter par la fenêtre”.

 17/02/2008 16:20:12 – © 2008 AFP