[12/12/2007 14:16:37] MOSCOU (AFP) Moscou et Varsovie sont tombés d’accord mercredi pour lever l’embargo russe sur la viande polonaise qui bloquait d’importantes négociations économiques entre l’UE et la Russie, signe d’un réchauffement dans les relations russo-européennes. “Nous avons constaté que nous étions entièrement d’accord sur une reprise des livraisons de production bouchère en provenance de Pologne”, a déclaré le ministre russe de l’Agriculture Alexeï Gordeïev à l’issue d’un entretien avec son homologue polonais Marek Sawicki à Moscou. Les exportations devraient reprendre dès la semaine prochaine après la signature d’un mémorandum entre services vétérinaires des deux pays dans l’enclave russe de Kaliningrad qui côtoie la Pologne, ont précisé les ministres au cours de leur conférence de presse commune. La Russie justifiait l’embargo par des problèmes de contrôle sanitaire côté polonais, Moscou accusant entre autres la Pologne d’exporter vers la Russie du porc chinois interdit pour raisons sanitaires. En vigueur depuis novembre 2005, l’embargo bloquait d’importantes négociations UE-Russie en vue d’un nouvel accord de partenariat et de coopération. La Pologne, qui jugeait cet embargo purement politique, avait mis son veto à toute discussion tant que cette affaire ne serait pas réglée. Ces négociations concernent en particulier la coopération énergétique alors que l’UE affiche une importante dépendance dans ce domaine de la Russie. Pour Timofeï Bordatchev, adjoint au rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique mondiale, ce déblocage est le signe d’un réchauffement des relations russo-européennes. La viande n’y est pour rien car “les violations des normes sanitaires ont cours partout dans le monde et à tout moment et ne deviennent un événement politique que sur décision purement politique”, dit-il. Après les critiques acerbes suscitées à l’étranger par le déroulement des législatives russes du 2 décembre, “la Russie fait et va continuer de faire des gestes pour que les relations s’améliorent”, dit-il. L’Union européenne a également “bien reçu” la candidature à la présidentielle russe du 2 mars du dauphin déclaré de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev, souligne l’analyste. M. Medvedev est considéré comme un libéral et ne vient pas des services russes de sécurité contrairement à nombre de responsables en place. Le réchauffement avec Moscou vient aussi du côté polonais. M. Sawicki appartient au nouveau gouvernement de centre-droit du Premier ministre Donald Tusk, qui s’est engagé à améliorer ces relations, après deux années de pouvoir des frères jumeaux Kaczynski qui ont bloqué presque tout contact avec Moscou. A Varsovie cependant, le ministère des Affaires étrangères a indiqué mercredi que la Pologne n’avait encore “aucun calendrier” concernant la relance des négociations UE/Russie et attendait “la signature d’un document sur la reprise des livraisons”. Pour M. Bordatchev, spécialiste des relations russo-européennes, c’est dans un an, lors de la présidence française de l’UE au second semestre 2008 que seront annoncées les grandes lignes du nouvel accord de partenariat et six mois plus tard, celui-ci sera prêt. “Dans un an à Paris, deux hommes très beaux, l’un président, l’autre probablement chef de gouvernement, vont nous dire que tout va bien et qu’ils sont formidables. Tout sera très beau”, a-t-il plaisanté dans une allusion au président français Nicolas Sarkozy et à Vladimir Poutine dont M. Medvedev a dit qu’il le choisirait comme Premier ministre. |
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