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Un homme travaille sur un panneau informatif de la Deutsche Bahn dans la station de train de Hauptbahnhof, le 2 août 2007 à Berlin (Photo : Barbara Sax)

[08/08/2007 18:07:59] BERLIN (AFP) La justice allemande a mis un frein mercredi au projet des conducteurs de trains d’entamer une grève nationale pour de meilleurs salaires, en l’interdisant jusqu’au 30 septembre au nom du préjudice économique qu’engendrerait une paralysie du rail au coeur des vacances d’été.

Le syndicat des conducteurs GDL a toutefois appelé à une grève de deux heures jeudi matin sur les réseaux express régionaux à Berlin et Hambourg afin de convaincre la direction de la compagnie publique Deutsche Bahn de “faire une offre réellement négociable,” selon le patron du syndicat Manfred Schell.

La grève nationale que prévoyait de lancer jeudi le syndicat de conducteurs GDL, approuvée à la quasi unanimité par la base lundi, menaçait d’être la plus importante du secteur depuis quinze ans.

Mais le tribunal du travail de Nuremberg (sud), saisi en référé par la Deutsche Bahn, a interdit la grève pour les trains de fret et le transport voyageur sur les grandes lignes.

Le syndicat a aussitôt fait appel, mais le tribunal a fait savoir qu’il ne se prononcerait pas sur cet appel avant au moins vendredi.

Le syndicat, qui réclame 31% d’augmentation pour les conducteurs de trains, avait confirmé mercredi matin son intention de démarrer les hostilités dès jeudi dans le fret, repoussant à lundi “au plus tôt” la grève des trains de voyageurs.

Il entendait ainsi jauger “la réaction de l’employeur” face aux premiers débrayages, avait expliqué à l’AFP le porte-parole de GDL Maik Brandenburger.

Mais malgré le bras de fer, les deux parties en conflit semblent toutefois prêtes à négocier.

“Le dialogue est la seule solution”, a estimé mercredi la directrice du personnel de la Deutsche Bahn, Margret Suckale, ouverte à l’idée d’un médiateur. “Deux noms” sont évoqués, a-t-elle dit, et il serait possible selon elle de “nommer quelqu’un dès aujourd’hui et s’asseoir demain à une table”.

Le syndicat, qui dit représenter 80% des conducteurs de trains, accepterait lui “la médiation d’une personne neutre, indépendante et reconnue par les deux parties”, a déclaré à l’AFP Maik Brandenburger.

Il a appelé le gouvernement à intervenir. “Si le gouvernement, propriétaire de la Deutsche Bahn, avait une proposition à faire, nous n’aurions rien contre”, a-t-il dit, alors que le négociateur de la Deutsche Bahn, Werner Bayreuther, a accusé le patron de GDL de vouloir “sortir les instruments de torture”.

Mardi, le ministre des Transports Wolfgang Tiefensee avait pressé les deux parties de s’accorder au plus vite dans l’intérêt des usagers -soit 10 millions de voyageurs quotidiens en moyenne, un record en Europe- et des industriels allemands, qui redoutent des millions d’euros de pertes consécutives à la grève.

Mais il avait aussi souligné que le gouvernement n’entendait pas “s’impliquer directement dans le conflit”.

Les conducteurs de train ont néanmoins reçu le soutien du ministre de l’Environnement Sigmar Gabriel, qui a estimé qu’il n’était “pas correct qu’un conducteur de train, qui assume une lourde responsabilité, gagne 1.500 euros nets”.

Le salaire moyen de fin de carrière est de 2.200 euros, contre deux à trois fois plus dès l’embauche pour un pilote de ligne.

La Deutsche Bahn s’est entendue début juillet avec les deux syndicats des transports Transnet et GDBA sur une augmentation pour toute la branche de 4,5% sur 19 mois assortie d’une prime de 600 euros, et refuse jusqu’à présent tout accord séparé avec GDL, qui réclame 2.500 euros nets à l’embauche (+31%) des conducteurs.

Le réseau ferroviaire privé (Privatbahnen) a prévenu mercredi qu’il serait incapable de pallier les manques engendrés par une grève à la Deutsche Bahn.

 08/08/2007 18:07:59 – © 2007 AFP