Au commencement, un mécontentement généralisé et des producteurs agricoles et des consommateurs. Face à la flambée des prix et aux dysfonctionnements de la distribution des produits agricoles, les agriculteurs dénoncent des marges insuffisantes tandis que les consommateurs déplorent leurs prix élevés et inaccessibles.

Pour résoudre le problème, l’Organisation tunisienne pour l’information du consommateur (OTIC) a proposé, le 10 avril 2026, le lancement d’une réforme structurelle globale du système de distribution des produits agricoles, reposant sur un système national unifié et contraignant de facturation et de traçabilité numérique.

Au cœur de la réforme proposée figure la mise en place d’un système numérique.  Ce dispositif vise à garantir le suivi des produits depuis l’agriculteur jusqu’aux marchés de gros et à la distribution finale, instaurant ainsi une transparence totale sur les quantités, les prix et les transactions.

L’OTIC estime que la situation actuelle, marquée par la multiplicité des intermédiaires et l’absence de transparence, entraîne une hausse injustifiée des coûts entre la production et la consommation, ce qui nécessite une réingénierie profonde du système.

Parallèlement à la digitalisation, la réforme proposée s’articule autour de deux axes majeurs :

Le premier consiste en le replacement du producteur au centre du système, en lui permettant de jouer un rôle plus actif dans la commercialisation de ses produits. Dans cette optique, la vente du producteur au consommateur serait encouragée et modernisée.

Le second porte sur la redéfinition des structures d’appui et d’encadrement du secteur. Il s’agit de réduire au maximum leur rôle dans la commercialisation et de les orienter vers des activités plus techniques et logistiques (collecte, tri, stockage stratégique, transport vers les marchés de gros et autres points e vente…

Ultime objectif : rationaliser les circuits en limitant les étapes inutiles qui alourdissent les coûts sans apporter de réelle valeur ajoutée.

ABS