La Russie met la main sur le gaz de la Caspienne

 
 
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Le président russe Vladimir Poutine (c) avec ses homologues turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov (d) et kazakh Noursoultan Nazarbaïev (g) à Turkmenbachi le 12 mai 2007 (Photo : Presidential press service )

[12/05/2007 13:08:16] TURKMENBACHI (AFP) Le président russe Vladimir Poutine a conclu samedi un accord avec ses homologues kazakh et turkmène pour augmenter les exportations de gaz vers la Russie, une victoire face aux Occidentaux et la Chine soucieux d’accéder aux vastes ressources énergétiques de la Caspienne.

“Nous allons reconstruire le gazoduc de la côte caspienne pour lui donner une capacité de dix milliards de mètres cubes (par an) et construire un gazoduc parallèle. Un accord approprié sera signé avant juillet”, a dit M. Poutine, réuni avec ses homologues turkmène et kazakh à Turkmenbachi, sur la côte turkmène de la Caspienne.

Le gazoduc existant suit la côte turkmène puis kazakhe de la mer Caspienne, pour arriver en Russie. Il peut actuellement transporter 5 milliards de mètres cubes par an, soit la moitié de sa capacité originelle.

Aucun nouveau gazoduc n’avait été construit au Turkménistan depuis les années 1970.

M. Poutine a indiqué que les travaux commenceraient au premier semestre de 2008 et permettraient d’augmenter la capacité totale de cette route d’exportation d’au moins 12 milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2012.

L’accord conclu par le président russe avec ses homologues turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov et kazakh Noursoultan Nazarbaïev marque un succès important pour Moscou, dont la proposition était en concurrence avec un projet américain proposant un gazoduc traversant la Caspienne.

Cependant, M. Berdymoukhammedov, interrogé sur ce projet trans-caspien, a souligné, selon Interfax, qu’il “n’avait pas été annulé”.

L’Union européenne et les Etats-Unis, inquiets de l’importance énergétique prise par la Russie, soutiennent l’idée d’un gazoduc allant du Turkménistan à l’Azerbaïdjan via la mer Caspienne. Ce tracé éviterait la Russie qui contrôle déjà la grande majorité des exportations de gaz turkmène.

Le ministre russe de l’Energie Viktor Khristenko interrogé sur ce projet a estimé qu’il était “trop risqué”.

“Les risques juridiques, techniques et écologiques sont si grands qu’il est impossible de trouver des investisseurs si ce n’est pas un projet politique”, a-t-il déclaré cité par l’agence Interfax.

Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a de son côté rejeté toute idée de compétition de gazoducs.

“Si on parle de projets pour contourner l’Est ou l’Ouest, je répondrai que nous et le Turkménistan avons une approche pragmatique” a-t-il assuré.

Le sommet tripartite à Turkmenbachi fait partie d’une tournée d’une semaine de M. Poutine en Asie centrale destinée à contrer l’influence américaine et européenne dans la région.

Cette visite coïncide avec un sommet énergétique en Pologne où les présidents polonais, ukrainien, lituanien, géorgien et azerbaïdjanais ont discuté vendredi de nouvelles voies d’exportation d’énergie contournant la Russie.

Les résultats de la tournée de Poutine “ont surpassé toute attente”, a déclaré une source du Kremlin citée par l’agecen Interfax.

En plus de l’accord sur les gazoducs, les trois présidents ont publié une déclaration conjointe avec le président ouzbek Islam Karimov portant sur la reconstruction d’autres gazoducs existants et l’accroissement de leur capacité en Asie centrale.

 12/05/2007 13:08:16 – © 2007 AFP