[12/12/2006 19:07:47] ABUJA (AFP) L’Opep pourrait très rapidement ouvrir la porte à l’Angola, deuxième plus gros producteur africain, renforçant encore son emprise sur le marché alors qu’elle détient déjà l’écrasante majorité des réserves de pétrole mondiales. L’un des ministres membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le Qatariote Abdallah ben Hamad Al-Attiyah, a indiqué mardi que l’Angola devrait profiter de la réunion de l’Opep prévue jeudi pour présenter sa demande officielle d’adhésion et a même jugé que celle-ci pourrait être acceptée sur le champ par les autres pays membres. Le conseil des ministres de l’Angola avait déjà approuvé fin novembre le principe d’une adhésion à l’Opep, auprès de laquelle il occupe depuis des années un siège d’observateur. Les onze pays membres du cartel ont applaudi à cette idée. Pour l’heure, le thème de l’adhésion de l’Angola ne figure pas officiellement à l’ordre du jour de la réunion de jeudi, mais théoriquement rien ne s’oppose à ce qu’on l’y ajoute, a indiqué un porte-parole de l’Opep, Omar Farouk Ibrahim. “Nous n’avons pas reçu de notification officielle qu’ils vont déposer une demande d’adhésion”, a-t-il dit, rappelant que l’Angola avait initialement évoqué mars 2007. Concrètement, le pays postulant doit obtenir le feu vert de trois quarts des pays membres, dont celui des six pays fondateurs (Iran, Irak, Koweït, Arabie saoudite et Venezuela), a-t-il précisé. L’Angola est le deuxième producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne derrière le Nigeria. Sa production de brut se situe actuellement autour de 1,4 million de barils par jour et devrait bondir à 2 millions de barils par jour d’ici à la fin de 2007. Le thème de l’élargissement de l’Opep, qui compte actuellement 11 membres (Algérie, Arabie saoudite, Emirat arabes unis, Irak, Iran, Libye, Indonésie, Nigeria, Venezuela, Koweït et Qatar) avait déjà été abordé lors de sa réunion du 1er juin à Caracas, suite à l’envoi par le président de l’Opep, Edmund Daukoru, d’une lettre au Soudan et à l’Angola. L’adhésion de l’Equateur et l’octroi d’un statut spécial à la Bolivie, qui produit davantage de gaz que de pétrole, avaient également été évoqués. Pour l’Opep, l’adhésion d’un acteur aussi significatif que l’Angola se traduirait par un renforcement de son poids déjà considérable en termes de réserves mondiales et de production de brut. Le cartel disposait fin 2005 de plus de 75% des réserves de brut prouvées et fournit près de 40% de la production mondiale. Mais certains experts, comme ceux de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui représente la voix des pays consommateurs, font toutefois remarquer que son entrée dans le système de quotas risque de décourager les grandes compagnies pétrolières d’investir dans le pays et par conséquent de freiner son expansion. Cela peut s’avérer problématique dans une période où l’investissement au niveau mondial est jugé insuffisant pour faire face à l’accroissement prévisible de la demande de brut dans les décennies à venir. |
||
|



