Au Maroc, les dépôts bancaires ont atteint 1 448,7 milliards de dirhams à fin septembre 2026, soit une hausse de 10,3 % sur un an, selon les données attribuées à Bank Al-Maghrib. Leur progression témoigne d’une augmentation des ressources collectées par les banques. Mais que disent ces montants du financement de l’économie ?
Les ménages au premier plan
Les ménages détiennent 1 049,4 milliards de dirhams de dépôts, en hausse de 9,4 % en glissement annuel. Ce montant inclut 239,8 milliards appartenant aux Marocains résidant à l’étranger. Il ne faut donc pas additionner les avoirs des MRE à ceux des ménages : ils en constituent une composante.
Les entreprises non financières privées disposent, de leur côté, de 264,4 milliards de dirhams déposés auprès des banques, soit une progression annuelle de 13,2 %. Cette augmentation peut correspondre à diverses situations de trésorerie. Elle ne suffit pas, à elle seule, à établir un report des investissements ou une préférence accrue pour l’attente.
Le crédit progresse également
L’autre partie du tableau est essentielle pour apprécier la dynamique bancaire. À fin septembre, l’encours du crédit bancaire atteint 1 333,3 milliards de dirhams, en croissance annuelle de 12,2 %. Les concours aux entreprises non financières privées progressent de 13,8 %, tandis que les crédits aux ménages augmentent de 3,5 %.
Les prêts à l’équipement des entreprises privées affichent une hausse annuelle de 18,9 %. Ce mouvement suggère que la progression des dépôts coexiste avec une activité de financement, y compris pour des dépenses d’équipement. Il ne démontre toutefois pas que les dépôts supplémentaires ont directement financé ces crédits.
Une question de transmission à l’économie
Comparer les encours de dépôts et de crédits permet d’observer deux dimensions du système bancaire, pas de mesurer mécaniquement la part de l’épargne transformée en investissement productif. Les périmètres comptables et les usages des financements ne se confondent pas.
Pour trancher entre accumulation de précaution et mobilisation au service de l’activité, il faudrait examiner plus finement la destination des nouveaux prêts, les investissements effectivement réalisés et la composition des dépôts. À ce stade, les chiffres attestent surtout d’une progression simultanée de la collecte et du crédit.
CHIFFRES CLÉS
- 1 448,7 milliards MAD : dépôts bancaires à fin septembre 2026, +10,3 % sur un an.
- 1 049,4 milliards MAD : dépôts des ménages, +9,4 %.
- 239,8 milliards MAD : dépôts des Marocains résidant à l’étranger, inclus dans ceux des ménages.
- 264,4 milliards MAD : dépôts des entreprises non financières privées, +13,2 %.
- 1 333,3 milliards MAD : encours total du crédit bancaire, +12,2 %.
- 18,9 % : hausse annuelle des crédits à l’équipement des entreprises privées.


