
Nate Soares porssède toujours un compte d’épargne retraite américain, appelé 401(k), ouvert lorsqu’il travaillait chez Google. Mais il affirme ne plus y verser d’argent depuis une dizaine d’années. Une décision qu’il explique par sa vision particulièrement pessimiste de l’avenir de l’humanité face aux progrès de l’intelligence artificielle.
Dans un entretien diffusé le 21 octobre 2026 avec Nicholas Thompson, directeur général de The Atlantic, le chercheur estime à plus de 50 % la probabilité que l’humanité ne survive pas aux dix prochaines années.
Une prévision radicale sur l’intelligence artificielle
Président du Machine Intelligence Research Institute (MIRI), organisme américain consacré aux risques liés à l’IA avancée, Nate Soares défend depuis plusieurs années l’idée que des systèmes dépassant les capacités humaines pourraient devenir incontrôlables.
Avec Eliezer Yudkowsky, il a publié en 2025 If Anyone Builds It, Everyone Dies (« Si quelqu’un la construit, tout le monde meurt »), un ouvrage consacré aux dangers potentiels d’une intelligence artificielle supérieure à l’être humain.
Les auteurs redoutent notamment que des machines poursuivent des objectifs incompatibles avec la survie humaine, sans que leurs concepteurs puissent les arrêter.
Cette perspective reste toutefois débattue. Le pourcentage avancé par Soares représente son estimation personnelle, et non une probabilité scientifiquement démontrée.
Quand la peur de l’IA modifie les décisions financières
Son choix soulève une question économique : pourquoi épargner pendant plusieurs décennies si l’on doute de pouvoir profiter de sa retraite ?
L’épargne retraite repose sur une anticipation de long terme. En cessant de cotiser, Soares traduit sa perception du risque technologique en décision financière personnelle.
Cela ne signifie pas qu’il a vidé son compte ou abandonné tous ses investissements.
Sa position ne constitue pas davantage un conseil financier. Elle illustre surtout comment les convictions relatives à l’avenir de l’intelligence artificielle peuvent influencer des comportements économiques concrets.


