La Tunisie dispose de réserves de sucre, de café et de riz couvrant plusieurs mois de consommation, selon le ministre du Commerce. Mais les difficultés d’approvisionnement signalées dans plusieurs régions soulèvent une question : comment assurer la disponibilité de ces produits dans les commerces ?
Des réserves annoncées pour plusieurs mois
Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a présenté, lors d’une audition parlementaire le 5 novembre 2026, les niveaux de stocks de trois produits alimentaires essentiels.
Selon les chiffres communiqués, les réserves de sucre atteignent environ 130 000 tonnes, soit cinq mois de consommation nationale. Le café représente 6 000 tonnes, couvrant quatre mois, tandis que les 9 000 tonnes de riz correspondent à six mois de consommation.
Ces données témoignent, selon le ministère, d’une amélioration des stocks. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de mesurer la disponibilité effective des produits dans les points de vente.
Le conditionnement, maillon fragile de l’approvisionnement
Lors de cette audition, des parlementaires ont signalé des difficultés d’approvisionnement touchant notamment le sucre, le riz, la farine, la semoule, le thé et l’huile subventionnée, selon les régions et les périodes.
Le ministre a reconnu des perturbations, particulièrement pour le thé rouge. Il les a principalement attribuées aux difficultés de conditionnement rencontrées par l’Office du commerce de Tunisie, dont certains équipements sont vieillissants.
Il a notamment évoqué une unique machine destinée au conditionnement du riz, utilisée également, à certaines périodes, pour emballer du thé.
Des stocks disponibles, mais à quelles conditions ?
La distinction est essentielle pour le pouvoir d’achat : disposer de réserves nationales ne signifie pas nécessairement pouvoir acheter régulièrement les produits concernés dans son commerce habituel.
Le ministre a assuré que les prix des produits de base réglementés et subventionnés n’avaient pas augmenté. Cette déclaration ne règle cependant pas la question de leur accessibilité.
L’enjeu porte désormais sur la capacité des circuits de conditionnement et de distribution à acheminer régulièrement les produits vers les différentes régions.
Sans données détaillées sur les livraisons, les ruptures locales et les délais de réapprovisionnement, les chiffres nationaux ne suffisent pas à établir que les difficultés rencontrées par les consommateurs sont résolues.
CHIFFRES CLÉS
- 130 000 tonnes de sucre : environ cinq mois de consommation.
- 6 000 tonnes de café : environ quatre mois.
- 9 000 tonnes de riz : environ six mois.


