Malgré l’essor spectaculaire des fonds de pension, de nombreux travailleurs pourraient ne pas disposer de revenus suffisants à la retraite. Dans ses Perspectives 2026, publiées le 4 novembre, l’OCDE appelle les gouvernements à renforcer l’épargne complémentaire et sa protection. 

Les actifs destinés au financement des retraites ont atteint 78 000 milliards de dollars fin 2025, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ils représentent désormais 106 % du PIB de ses pays membres, contre 62 % en 2001.

Cette progression reflète notamment l’augmentation des cotisations et les rendements des placements. Elle ne garantit pourtant pas que chaque retraité disposera de revenus suffisants.

Un déficit de cotisation persistant

Selon l’OCDE, 37 de ses 38 pays membres présentent un déficit de cotisation : les versements obligatoires ne suffiraient pas à atteindre les objectifs de revenu à la retraite retenus dans l’étude.

Dans 17 des 41 pays analysés, cet écart atteint au moins 10 % pour les hommes salariés percevant le salaire moyen.

Les disparités sont également importantes entre catégories professionnelles. Dans 31 pays, les travailleurs indépendants présentent un déficit supérieur à celui des salariés. Les femmes sont davantage exposées que les hommes dans 17 pays.

La capitalisation, un complément à encadrer

L’OCDE préconise de développer les retraites adossées à des actifs financiers, en complément des systèmes traditionnels par répartition.

Parmi les pistes avancées figurent l’augmentation des cotisations, les contributions volontaires des employeurs, les incitations financières et une meilleure information des épargnants.

L’organisation insiste également sur l’encadrement du conseil financier, notamment les qualifications professionnelles, la transparence et les obligations envers les clients.

L’enjeu dépasse donc le volume des capitaux accumulés : il concerne leur répartition, les montants effectivement épargnés et la capacité des dispositifs à fournir des revenus durables.

La progression de la capitalisation relance ainsi un arbitrage essentiel pour les pouvoirs publics : compléter les pensions sans transférer aux ménages des risques d’investissement insuffisamment maîtrisés.

CHIFFRES CLÉS

  • 78 000 milliards de dollars : actifs de retraite fin 2025 dans les pays de l’OCDE.
  • 106 % du PIB : poids de ces actifs fin 2025, contre 62 % en 2001.
  • 37 pays sur 38 : pays de l’OCDE présentant un déficit de cotisation.
  • 17 pays sur 41 : écart d’au moins 10 % pour les hommes salariés au salaire moyen.
  • 31 pays : déficit plus important pour les indépendants que pour les salariés.