La facture énergétique marocaine a bondi de 28,9 % au premier semestre 2026. L’Agence internationale de l’énergie souligne la vulnérabilité de quatre économies importatrices, dont le Maroc, confrontées au renchérissement des hydrocarbures et du transport maritime.
Le gazole et le fioul concentrent la hausse
Selon les données provisoires de l’Office des changes, les importations marocaines d’énergie et de lubrifiants ont atteint 68,58 milliards de dirhams entre janvier et juin 2026, contre 53,19 milliards un an auparavant. Le surcoût s’élève à 15,39 milliards de dirhams.
Les achats de gazole et de fioul représentent l’essentiel de cette augmentation. Leur montant est passé de 24,78 à 35,85 milliards de dirhams, soit une progression de 44,7 %. Ces deux produits absorbent désormais 52,27 % de la facture énergétique.
Une pression supplémentaire sur le déficit commercial
Cette progression intervient dans un contexte de détérioration des échanges extérieurs marocains. À fin juin 2026, le déficit commercial atteignait 198,38 milliards de dirhams, en hausse de 23,5 % sur un an.
La facture énergétique contribue à cette dégradation, sans l’expliquer entièrement. Pour les entreprises, le renchérissement des combustibles et du fret représente également un risque de hausse des coûts logistiques et industriels.
Son éventuelle répercussion sur les prix de vente dépend notamment des contrats d’approvisionnement et de la capacité des opérateurs à absorber ces dépenses.
Les renouvelables face à la dépendance pétrolière
Dans une analyse publiée le 3 novembre, l’AIE examine la situation du Maroc, de la Tunisie, de l’Égypte et du Liban. Leur facture mensuelle cumulée d’importations pétrolières et gazières a progressé d’environ 66 % entre janvier et juin 2026, atteignant 4,8 milliards de dollars.
L’agence souligne l’intérêt du développement des énergies renouvelables nationales pour réduire l’exposition aux marchés internationaux.
Pour le Maroc, la diversification électrique constitue ainsi un levier de résilience. Elle ne supprime toutefois pas immédiatement les besoins en carburants du transport et de l’industrie.
L’enjeu dépasse donc la production électrique : il concerne aussi la maîtrise des consommations pétrolières, la compétitivité des entreprises et l’équilibre des échanges extérieurs.
CHIFFRES CLÉS
- 68,58 milliards MAD : facture énergétique au premier semestre 2026.
- +15,39 milliards MAD : surcoût annuel.
- +28,9 % : progression des importations énergétiques.
- 35,85 milliards MAD : achats de gazole et de fioul.
- 52,27 % : part de ces deux produits dans la facture énergétique.


