Le service de la dette publique tunisienne devrait reculer à 21,275 milliards de dinars en 2027, contre 22,982 milliards attendus en 2026. Cette baisse de 7,4 %, inscrite dans les prévisions budgétaires, ne signifie toutefois ni disparition des tensions financières ni diminution automatique de l’endettement public.

La Tunisie prévoit d’alléger de 1,707 milliard de dinars le service annuel de sa dette en 2027. Selon les données du projet de budget rapportées par l’agence TAP, cette charge représenterait 10,66 % du PIB, contre 12,44 % en 2026.

Cette évolution reflète notamment un recul attendu des intérêts de la dette extérieure, qui devrait compenser la progression des intérêts liés au financement intérieur.

Près de 8 milliards de dinars d’intérêts

Sur les 21,275 milliards de dinars prévus, 13,307 milliards correspondent au remboursement du principal des emprunts et 7,968 milliards au paiement des intérêts.

Le principal se répartit entre 6,823 milliards de dinars de dette intérieure et 6,484 milliards de dette extérieure.

Budget 2027 : au-delà du déficit, le défi du financement de l’État

La distinction est essentielle : rembourser le principal réduit les obligations correspondantes, tandis que les intérêts constituent le coût du financement. La baisse du service annuel peut ainsi résulter du calendrier des échéances sans traduire nécessairement une réduction de l’encours total.

CHIFFRES CLÉS

  • 21,275 milliards DT : service total prévu pour 2027.
  • −7,4 % : évolution attendue par rapport à 2026.
  • 13,307 milliards DT : remboursement du principal.
  • 7,968 milliards DT : paiement des intérêts.
  • 6,484 milliards DT : principal de la dette extérieure.
  • 10,66 % du PIB : poids prévisionnel du service en 2027.

 

Des échéances extérieures importantes

En 2027, la Tunisie devra notamment faire face à des remboursements envers le FMI, l’Union européenne, Afreximbank et l’Arabie saoudite.

Le calendrier comprend également 30 milliards de yens japonais en août et 150 millions de dollars sur les marchés financiers internationaux en septembre.

Ces engagements exposent les paiements extérieurs aux fluctuations des devises.

Une amélioration encore conditionnelle

Les projections reposent sur des hypothèses de stabilité relative des taux d’intérêt et du dinar. Toute variation défavorable pourrait modifier la charge effectivement supportée par le Trésor.

La baisse annoncée constitue donc une amélioration prévisionnelle du calendrier financier, pas une garantie de désendettement.

L’enjeu demeure la capacité de l’État à honorer ses échéances tout en mobilisant les ressources nécessaires au financement de son déficit.

EN BREF

  • Le projet de budget 2027 prévoit un service de la dette publique de 21,275 milliards de dinars, en baisse de 7,4 % par rapport aux estimations actualisées de 2026.
  • Les remboursements du principal représenteraient 13,307 milliards de dinars et les intérêts 7,968 milliards.
  • Les principales échéances extérieures concernent plusieurs créanciers institutionnels et les marchés internationaux.
  • La diminution envisagée dépend notamment des hypothèses de taux d’intérêt et de change.
  • Pour les finances publiques tunisiennes, la réduction du service annuel ne signifie pas automatiquement une diminution de l’encours global de la dette.

Ministère des Finances