Réunissant 48 délégations africaines, dont 22 dirigées par des chefs d’État ou de gouvernement, le troisième sommet Russie-Afrique illustre l’intensification de la concurrence pour les ressources, les marchés et les alliances du continent. Moscou mise sur les céréales, l’énergie et la sécurité pour renforcer son influence.

Le président Vladimir Poutine a ouvert, mercredi 28 octobre à Moscou, une nouvelle séquence de diplomatie économique tournée vers l’Afrique. Face aux dirigeants africains, il a présenté la Russie comme une alternative aux puissances occidentales, accusées de perpétuer des relations économiques déséquilibrées.

Commerce Russie-Afrique : les échanges atteignent 27 milliards de dollars en 2025

Selon ses déclarations, la Russie a fourni 13 millions de tonnes de produits agricoles aux pays africains durant les neuf premiers mois de 2026. Moscou souhaite également développer ses partenariats dans les mines, l’énergie, les infrastructures et la formation.

Quatre puissances, des stratégies différentes

Cette offensive intervient dans un environnement fortement concurrentiel.

La Chine conserve une position commerciale majeure, avec 348 milliards de dollars d’échanges avec l’Afrique en 2025, selon les données douanières chinoises.

L’Union européenne demeure, collectivement, le premier partenaire commercial et investisseur du continent. Ses échanges de marchandises avec l’Afrique atteignaient près de 355 milliards d’euros en 2024.

Les pays du Golfe, notamment les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, renforcent parallèlement leurs investissements dans les ports, la logistique, l’énergie et les ressources minières.

La Russie privilégie une combinaison différente : approvisionnements agricoles, coopération énergétique, formation et partenariats sécuritaires.

L’Afrique cherche à diversifier ses partenariats

Pour les économies africaines, cette multiplication des offres peut accroître les possibilités de négociation, notamment sur les financements, les transferts technologiques et la transformation locale des matières premières.

Mais les annonces diplomatiques ne garantissent ni investissements effectifs ni retombées industrielles.

La participation tunisienne, conduite par la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri, inscrit également Tunis dans ces discussions sur la diversification des partenaires économiques.

L’enjeu dépasse donc le rapprochement politique avec Moscou : il réside dans la capacité des États africains à transformer la rivalité entre puissances en projets productifs, en emplois et en valeur ajoutée locale.

CHIFFRES CLÉS

  • 48 pays africains représentés au sommet de Moscou.
  • 22 délégations dirigées par des chefs d’État ou de gouvernement.
  • 13 millions de tonnes de produits agricoles livrés à l’Afrique de janvier à septembre 2026, selon Vladimir Poutine.
  • 348 milliards de dollars d’échanges Chine-Afrique en 2025.
  • Près de 355 milliards d’euros d’échanges de marchandises UE-Afrique en 2024.