En Allemagne, la Hesse élargira en décembre un guichet destiné aux employeurs recrutant des compétences étrangères. À Bahreïn, une décision encadre le travail temporaire auprès d’un autre employeur. En Tunisie, l’OTE propose un séjour aux jeunes de la diaspora. Trois initiatives distinctes, dont les bénéficiaires et les conditions doivent être clairement différenciés.
Pour les Tunisiens résidant à l’étranger ou envisageant une mobilité professionnelle, plusieurs initiatives institutionnelles méritent une attention particulière en cette fin d’année 2026.
L’Allemagne cherche à simplifier certaines démarches administratives de recrutement, Bahreïn organise une mobilité temporaire et encadrée des travailleurs étrangers déjà présents sur son territoire, tandis que la Tunisie propose un programme de découverte destiné aux jeunes de sa diaspora.
Ces initiatives répondent à des objectifs différents. Leur intérêt dépend avant tout du profil des personnes concernées, du lieu où elles résident et des conditions imposées par chaque dispositif.
Allemagne : la Hesse élargit son guichet de recrutement accéléré
À partir du 1er décembre 2026, les employeurs de l’ensemble du Land allemand de Hesse pourront recourir à une structure centralisée pour engager les procédures accélérées de recrutement de travailleurs qualifiés étrangers.
Cette structure, appelée Zentrale Stelle für Fachkräfteeinwanderung Hessen (ZFEH), a commencé à recevoir les demandes le 1er octobre, initialement pour les entreprises relevant de Francfort.
L’objectif annoncé par les autorités régionales est de faciliter la coordination entre les employeurs, les administrations chargées de l’immigration professionnelle, les organismes de reconnaissance des qualifications et les représentations diplomatiques allemandes.
Le dispositif repose sur l’article 81a de la loi allemande relative au séjour des étrangers. La démarche est engagée en Allemagne par le futur employeur, muni d’une procuration du candidat.
Pour les professionnels tunisiens disposant d’une offre d’emploi en Hesse, notamment dans les secteurs techniques, l’informatique, l’industrie ou les soins, cette centralisation peut simplifier le suivi administratif du recrutement.
Elle ne dispense toutefois ni de satisfaire aux conditions de qualification applicables ni d’obtenir le visa requis.
Les autorités de Hesse font état de 2 154 préaccords délivrés en 2025, contre 1 395 au premier semestre 2026. Ces chiffres concernent l’ensemble des nationalités et non les seuls candidats tunisiens.
Le coût annoncé pour la procédure accélérée est de 411 euros. Le ministère évoque un parcours pouvant conduire, en règle générale, à la délivrance du visa dans un délai d’environ quatre mois, sans que cette indication constitue une garantie individuelle.
Les services locaux compétents demeurent parallèlement disponibles. La nouveauté réside donc dans la centralisation administrative, et non dans la création d’un visa spécifique pour les Tunisiens.
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Bahreïn : une mobilité professionnelle temporaire sous conditions
Au Bahreïn, la Labour Market Regulatory Authority (LMRA), chargée de la régulation du marché du travail, a présenté fin septembre les dispositions de la décision n°2/2026, modifiant les règles relatives aux permis de travail des étrangers.
Le dispositif distingue deux situations.
La première permet, sous conditions, qu’un salarié étranger titulaire d’un permis travaille dans un autre établissement appartenant à son employeur ou au même groupe d’entreprises.
La seconde ouvre la possibilité d’une activité temporaire, limitée à trois mois, auprès d’un autre employeur.
Cette seconde possibilité nécessite notamment l’accord écrit du salarié, le consentement des deux employeurs et l’autorisation préalable de la LMRA.
Les règles tiennent également compte des obligations de « bahreïnisation », qui fixent la proportion requise d’emplois nationaux selon l’activité des entreprises. Des frais complémentaires peuvent être applicables dans certaines situations.
Les deux employeurs assument une responsabilité conjointe concernant les droits du salarié pendant sa période de travail temporaire. La période doit aussi être enregistrée auprès de l’autorité compétente.
Pour les Tunisiens déjà employés au Bahreïn, cette évolution peut présenter un intérêt en matière de mobilité professionnelle et d’organisation du travail. Elle ne signifie cependant pas qu’un salarié puisse librement rejoindre une autre entreprise sans autorisation.
Selon la LMRA, le dispositif concerne les travailleurs étrangers déjà autorisés à exercer dans le royaume. Il ne constitue pas une nouvelle procédure de recrutement depuis l’étranger.
Avant toute démarche, les salariés concernés doivent donc faire confirmer leur situation et les autorisations nécessaires auprès de leur employeur et de la LMRA.
Tunisie : l’OTE propose un séjour aux jeunes de la diaspora
L’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) a annoncé, le 16 octobre 2026, l’organisation d’un voyage de découverte dans le Sud tunisien, destiné aux jeunes Tunisiens résidant à l’étranger.
Le programme est prévu du 21 au 28 décembre 2026 et concerne les jeunes âgés de 18 à 35 ans.
L’initiative prévoit des visites de terrain consacrées notamment au patrimoine culturel et historique du Sud tunisien. Elle s’inscrit dans les activités organisées par l’OTE pour maintenir les liens entre les jeunes générations de la diaspora et leur pays d’origine.
Les personnes intéressées doivent d’abord effectuer une préinscription au moyen du formulaire électronique indiqué dans le communiqué officiel.
Elles doivent ensuite transmettre un dossier à la représentation diplomatique ou consulaire tunisienne compétente, directement ou par courrier électronique.
Ce dossier comprend une fiche de renseignements, une copie de la première page du passeport tunisien, une copie de la carte de séjour ou de la première page du passeport étranger, ainsi qu’un certificat médical attestant l’aptitude à participer à l’activité.
La date limite de candidature est fixée au 30 novembre 2026.
Le communiqué consulté ne précise pas le nombre de places disponibles ni les modalités détaillées de financement du séjour. Ces éléments doivent être confirmés auprès de l’OTE avant tout engagement de dépenses.
Trois initiatives, trois démarches différentes
Ces annonces montrent la diversité des dispositifs susceptibles de concerner les Tunisiens à l’étranger.
En Hesse, la démarche repose principalement sur un employeur engagé dans le recrutement de compétences étrangères. À Bahreïn, elle concerne un salarié étranger déjà titulaire d’un permis de travail et soumis à des autorisations spécifiques. Pour le programme OTE, il s’agit d’une candidature individuelle à un séjour culturel encadré.
Leur point commun n’est donc pas l’ouverture d’un droit identique à tous les Tunisiens, mais la nécessité de vérifier les conditions d’accès, les pièces requises et les échéances propres à chaque situation.
EN BREF
- En Hesse, un guichet centralisé traite depuis le 1er octobre les demandes d’employeurs de Francfort et doit s’ouvrir à tout le Land le 1er décembre 2026.
- La procédure accélérée, engagée par l’employeur, coûte 411 euros et ne garantit pas un visa.
- À Bahreïn, une décision encadre le travail temporaire d’un salarié étranger pour un autre employeur, avec accord écrit, autorisation et conditions.
- L’OTE propose un séjour dans le Sud tunisien aux 18-35 ans, du 21 au 28 décembre ; candidatures à déposer avant le 30 novembre 2026.
Ministère de l’Intérieur de Hesse — Fast Lane für Fachkräfte aus dem Ausland


