Le Maroc inscrit dans son programme gouvernemental 2026-2031 un projet de loi visant à interdire l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux et aux jeux vidéo jugés dangereux. Au-delà du seuil d’âge, cette réforme pose une question déterminante : comment protéger les mineurs sans multiplier les risques pour leurs données personnelles ?
Une interdiction encore à traduire dans la loi
Le gouvernement marocain maintient son projet de restriction de l’accès des enfants aux plateformes numériques. Selon Médias24, qui détaille le programme gouvernemental le 21 octobre 2026, le dispositif prévoit une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, ainsi que des jeux vidéo considérés comme dangereux.
Cette orientation, initialement défendue par l’Istiqlal, demeure au stade de projet législatif. Son calendrier d’adoption et ses modalités d’application restent à préciser.
La vérification de l’âge, principal défi technique
Pour les plateformes, l’enjeu sera de distinguer les utilisateurs autorisés des mineurs concernés. Une simple déclaration de naissance pourrait se révéler insuffisante, tandis qu’un contrôle fondé sur des documents d’identité soulèverait des questions de confidentialité.
La future réglementation devra donc arbitrer entre fiabilité du contrôle et minimisation des données collectées. Les obligations imposées aux opérateurs, les éventuelles sanctions et les mécanismes de supervision ne sont pas encore documentés.
Cette incertitude concerne directement les entreprises technologiques, qui pourraient devoir adapter leurs procédures d’inscription et de contrôle.
L’éducation numérique comme deuxième pilier
Le programme prévoit également de restreindre l’utilisation des smartphones dans les établissements primaires, de renforcer l’éducation numérique à l’école et de proposer des outils de contrôle parental.
Un label « Espace ami de l’enfance numérique » est également annoncé.
Ces mesures introduisent une approche complémentaire à l’interdiction : développer les compétences numériques des enfants et accompagner les familles.
Reste une question centrale : une restriction d’accès peut-elle réduire durablement les risques sans apprentissage des usages responsables ? L’efficacité du dispositif dépendra notamment de ses modalités d’application, de la protection des données et de l’articulation entre plateformes, établissements scolaires et parents.
CHIFFRES CLÉS
- 15 ans : seuil d’âge prévu pour l’interdiction.
- 2026-2031 : période du programme gouvernemental.
- Enseignement primaire : niveau scolaire visé par la restriction des smartphones.


