Image IA

L’agritourisme biologique constitue l’un des piliers du tourisme durable et alternatif en Tunisie, vu les opportunités qu’il offre pour concilier la préservation de l’environnement, la valorisation des produits agricoles locaux et le développement des zones rurales, a estimé la présidente du groupement professionnel du tourisme médical relevant de la Fédération interprofessionnelle du tourisme, Kawtar Meddeb.

Dans une déclaration à l’Agence TAP, en marge d’un atelier de travail organisé mardi sur « La réalité et les perspectives de l’agriculture biologique en Tunisie », Meddeb a ajouté que ce mode touristique repose sur la complémentarité entre l’agriculture biologique et le tourisme durable, à travers la valorisation des ressources naturelles et locales et le développement d’activités touristiques liées aux exploitations agricoles.

Elle a fait observer que l’agritourisme biologique permet de diversifier les sources de revenus des agriculteurs en fournissant des services d’hébergement, de restauration ainsi que des activités récréatives et éducatives au sein des fermes, outre la valorisation des produits biologiques, tels que l’huile d’olive, les dattes et les plantes médicinales et aromatiques, et leur commercialisation directe du producteur au consommateur.

Cette activité contribue également à la préservation des écosystèmes et la biodiversité, notamment dans les zones rurales, les oasis et les espaces naturels, tout en enrichissant l’expérience touristique en permettant aux visiteurs de découvrir la vie rurale, les traditions locales et les produits agricoles dans un cadre respectueux de l’environnement.

Des activités touristiques diverses et des potentialités pour le développement local

Selon la même source, les principales activités de l’agritourisme biologique consistent en l’hébergement dans des gîtes ruraux, des maisons d’hôtes et des espaces écologiques durables, ainsi que la présentation de plats traditionnels préparés à partir de produits biologiques de terroir et l’organisation de circuits de dégustation d’huile d’olive, de dattes et d’herbes médicinales et aromatiques.

Ces activités permettent également aux visiteurs de participer aux campagnes de récolte et de collecte des produits agricoles, et de découvrir leurs méthodes de transformation à travers des ateliers d’extraction d’huiles essentielles, de fabrication de fromage et de séchage d’herbes, à côté des circuits de randonnée et de relaxation au sein des fermes et des zones biologiques.

Meddeb a souligné que la tendance vers le développement de ce secteur repose sur la mise en place de « territoires biologiques » ou « biodistricts », qui sont des espaces combinant agriculture biologique, écotourisme et artisanat, en reliant les fermes biologiques aux circuits touristiques dans diverses régions du pays, du Nord-Ouest et du Cap-Bon jusqu’au Centre et aux oasis du Sud.

Elle a ajouté que cette démarche s’appuie aussi sur des projets pilotes, dont le projet « BioTED », mené en partenariat entre la Direction générale de l’agriculture biologique et la Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien, dans le but de développer les cadres régissant l’agritourisme biologique et de contribuer à la commercialisation des circuits y afférents.

Des défis organisationnels et promotionnels s’imposent pour le développement du secteur

En réponse à la question liée aux défis rencontrés, l’intervenante a souligné l’importance de finaliser et de simplifier les textes juridiques régissant les activités touristiques au sein des exploitations agricoles, de manière à permettre leur développement tout en préservant la vocation agricole des fermes.

Elle a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer le marketing et la promotion par la création de plateformes numériques et l’élaboration de guides de présentation des circuits touristiques biologiques ciblant les touristes tunisiens et étrangers, outre la mise à niveau des petits agriculteurs et des femmes rurales à travers la formation à l’accueil, à la qualité des services touristiques et au respect des normes de sécurité et de santé.

Ces tendances s’inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale de développement du secteur de l’agriculture biologique, qui vise à dynamiser et à diversifier l’économie nationale à travers le développement des filières de production biologique et l’instauration de zones pilotes, telles que Sejnane, Kesra, El Haouaria, Majel Bel Abbès et Hazoua, permettant ainsi le développement d’activités économiques connexes comme l’écotourisme, les activités culturelles et l’artisanat.

Cette stratégie vise également la mise en place des mécanismes de gouvernance et d’un système officiel de contrôle, afin de renforcer la crédibilité des produits biologiques tunisiens et de soutenir leur compétitivité.