Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi 17 octobre 2026 dans le centre de Tunis, à l’appel de l’UGTT et de plusieurs organisations nationales. Pouvoir d’achat, emploi, services publics et libertés figurent au cœur d’une mobilisation qui interpelle également les institutions.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi matin dans les rues de Tunis pour dénoncer la situation économique, sociale et politique du pays. Cette mobilisation compte parmi les plus importantes organisées ces dernières années contre le président Kaïs Saïed.

Le rassemblement a débuté place Mohamed Ali, avant de rejoindre l’avenue Habib-Bourguiba. Plusieurs milliers de personnes présentes avant le départ du cortège. Aucun décompte définitif n’était disponible.

Pouvoir d’achat et services publics au cœur des revendications

La marche a réuni des représentants de neuf organisations, dont l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats, le Syndicat national des journalistes tunisiens et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.

Les organisateurs dénoncent la dégradation du pouvoir d’achat, le chômage, la précarité et les difficultés des services publics. Ils réclament notamment des emplois décents, des salaires équitables et un meilleur accès à la santé, à l’éducation et aux transports.

Ces revendications interviennent dans un contexte marqué par les tensions sur les prix et les interruptions de services essentiels rapportées par Reuters.

Des revendications sociales aux questions institutionnelles

La mobilisation dépasse toutefois les seules préoccupations économiques. Les organisations participantes réclament également le respect des libertés publiques, de l’indépendance de la justice et des droits syndicaux.

Dans son intervention, le secrétaire général de l’UGTT, Salaheddine Selmi, a critiqué la concentration des pouvoirs entre les mains d’une seule personne.

Les manifestants dénoncent aussi les restrictions visant, selon eux, les activités politiques, associatives et journalistiques. Le président Kaïs Saïed rejette les accusations d’autoritarisme formulées par ses opposants.

Pour l’économie tunisienne, l’enjeu soulevé par cette mobilisation est double : répondre aux attentes sociales et rétablir les conditions d’un dialogue institutionnel. La capacité des différents acteurs à renouer le dialogue reste une question ouverte.