“La révision à la hausse du taux de réserves obligatoires, décidée par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) vise essentiellement à stabiliser le système bancaire et à freiner l’inflation, afin d’assurer la stabilité des prix “, a indiqué, samedi, l’analyste économique et financier, Bassem Ennaifer, dans une déclaration à l’agence TAP.

Le 9 octobre 2026, la BCT a publié une circulaire (n° 2026-11), portant modification du taux des réserves obligatoires applicable aux banques (comptes à vue et autres sommes dues à la clientèle) de 1% à 3%, mesure qui entrera en vigueur à partir du 1er novembre 2026.

D’après Ennaifer, le taux de réserves obligatoires “n’est qu’un instrument de politique monétaire employé par la BCT, tout comme le taux directeur, pour gérer au mieux la situation financière dans le pays”.

“Il s’agit d’un pourcentage des dépôts collectés par les banques commerciales auprès de leurs clientèles, laquelle doit être, obligatoirement, déposée dans des comptes bloquées à la BCT, moyennant une très faible rémunération”, a-t-il expliqué.

Avec la nouvelle circulaire, “ce pourcentage a triplé, en passant de 1% à 3%. Ainsi, pour chaque milliard de dinars de dépôts à vue, les banques devront désormais bloquer 30 millions de dinars auprès de la BCT, contre 10 millions auparavant”, précise l’analyste.

Pour la BCT, il s’agit d’assurer la régulation de la liquidité, surtout durant cette période inflationniste, marquée par la forte circulation du cash (près de 29,3 milliards de dinars, à la date du 14 octobre 2026).

“En effet, cette mesure permettra d’immobiliser une plus grande partie de l’argent, ce qui réduira la capacité des banques à distribuer de nouveaux crédits auprès de leurs clientèles, et en conséquence cela freinera la création monétaire par le biais d’octroi de nouveaux financements”, explique encore l’analyste économique et financier.

Par ailleurs, ce mécanisme se veut “un coussin de sécurité prudentielle”, dans la mesure où “il garantie que le minimum de liquidités soit disponible à la BCT pour qu’elle puisse faire face à des tensions de liquidités et renforcer la stabilité financière”.

Ennaifer a précisé, finalement, que “cette mesure ne sera pas appliquée sur les comptes spéciaux épargnes, ni les autres comptes épargnes, ni les comptes à terme, ni les bons de caisse et les autres produits financiers”.

Toutefois, il importe de noter que cette décision aura des répercussions sur le coût de portage (hausse des charges à assumer) des banques, étant donné que ces dernières se retrouveront dans l’obligation d’absorber ce manque à gagner, car les sommes bloquées en réserves obligatoires génèrent un rendement modeste.

En outre, ce resserrement de la liquidité peut peser sur la capacité des banques commerciales à financer les PME et le tissu économique en général.