Une étude publiée en octobre 2026 par la Fondapol et l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) retrace vingt-cinq années d’acquisitions de la nationalité française. Elle met en évidence le poids des ressortissants du Maghreb, dont 146 000 Tunisiens entre 2004 et 2023, et propose une refonte des procédures d’accès à la citoyenneté.

Plus de trois millions de personnes ont acquis la nationalité française entre 2000 et 2024, selon une étude de Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’OID, publiée par la Fondapol. Le document analyse les différentes procédures d’acquisition, l’origine géographique des nouveaux citoyens et les évolutions possibles de la législation.

Pour la Tunisie, les résultats apportent un éclairage sur la place de ses ressortissants dans les acquisitions de nationalité en France.

Les Tunisiens au troisième rang des nationalités d’origine

Entre 2004 et 2023, 146 000 ressortissants tunisiens ont acquis la nationalité française, selon les données exploitées dans l’étude.

La Tunisie arrive derrière le Maroc, avec 404 000 acquisitions, et l’Algérie, avec 323 000. Les ressortissants de ces trois pays représentent ensemble 36 % des acquisitions de nationalité française enregistrées pendant cette période.

L’étude souligne également que 61 % des Tunisiens ayant acquis la nationalité d’un pays de l’Union européenne entre 2004 et 2023 sont devenus français. Cette proportion atteint 83 % pour les Algériens et 28 % pour les Marocains.

Ces chiffres illustrent la place particulière de la France dans les parcours d’accès à la citoyenneté européenne des ressortissants maghrébins.

Trois grandes voies d’acquisition

Sur la période 2000-2024, l’étude distingue trois mécanismes principaux.

La naturalisation par décret représente environ 1,6 million d’acquisitions. Le droit du sol différé concerne quelque 770 000 personnes, tandis que l’acquisition à la suite d’un mariage avec un ressortissant français représente environ 560 000 cas.

Ces procédures répondent à des conditions juridiques différentes. Leur regroupement sous le terme général de naturalisation peut donc conduire à des confusions statistiques.

Une réforme proposée, pas une décision adoptée

Au-delà de son analyse démographique, l’auteur défend une transformation du droit français de la nationalité.

Sa principale proposition consiste à faire de la naturalisation par décret la voie unique d’acquisition, reposant sur une demande explicite et une décision des autorités françaises.

Il s’agit d’une recommandation formulée par l’auteur, et non d’une réforme adoptée.

L’étude s’inscrit ainsi dans un débat qui concerne directement les populations étrangères établies en France, notamment les communautés maghrébines.

Pour les ressortissants tunisiens, l’enjeu est de distinguer les règles actuellement applicables des modifications proposées, dont les conséquences éventuelles dépendraient du contenu d’une future réforme.

CHIFFRES CLÉS

  • 3 millions : acquisitions de la nationalité française entre 2000 et 2024.
  • 146 000 : acquisitions concernant des Tunisiens entre 2004 et 2023.
  • 404 000 : acquisitions concernant des Marocains sur cette même période.
  • 323 000 : acquisitions concernant des Algériens.
  • 36 % : part cumulée des trois pays du Maghreb dans les acquisitions entre 2004 et 2023.
  • 61 % : part des Tunisiens devenus français parmi les Tunisiens ayant acquis la nationalité d’un pays de l’UE sur cette période.