Selon une étude de septembre 2026 relayée par la presse, le secteur financier aurait concentré 96,9 % des émissions obligataires privées entre 2016 et 2025. Une répartition qui soulève une question centrale : pourquoi les entreprises industrielles et commerciales recourent-elles si peu à ce marché ?
Le marché obligataire tunisien semble fonctionner principalement au bénéfice des établissements financiers. Selon les résultats d’une étude publiée dans la Revue du Conseil du marché financier de septembre 2026, rapportés par Tunisia Times, 96,9 % des émissions obligataires privées réalisées entre 2016 et 2025 auraient été concentrées dans le secteur financier. Les entreprises non financières n’en représenteraient que 3,1 %.
Cette répartition pose une question fondamentale : le marché obligataire constitue-t-il réellement une source diversifiée de financement pour l’économie productive ?
Un marché dominé par les intermédiaires financiers
Sur près de 8 900 millions de dinars d’émissions cumulées en dix ans, les banques représenteraient plus de la moitié des montants, selon cette même publication secondaire.
Les sociétés de leasing figurent également parmi les utilisateurs réguliers de ce financement, adapté à leurs besoins de ressources à moyen et long terme.
À l’inverse, l’industrie serait pratiquement absente du marché : aucune nouvelle émission industrielle n’aurait été enregistrée depuis 2021.
Pourquoi les entreprises non financières restent-elles à l’écart ?
Plusieurs mécanismes économiques méritent d’être examinés : les coûts de préparation et de placement d’une émission, les exigences d’information financière, la capacité à attirer des investisseurs et la concurrence du crédit bancaire.
Ces facteurs constituent toutefois des pistes d’analyse, et non des obstacles dont le poids respectif aurait été démontré par les documents actuellement consultés.
Une émission obligataire suppose notamment de convaincre les souscripteurs de la capacité de remboursement de l’entreprise. La taille des besoins de financement et les conditions proposées peuvent donc influencer l’intérêt économique de cette solution.
Un enjeu de diversification du financement
La concentration sectorielle interroge finalement la capacité du marché à mobiliser directement l’épargne au profit de l’investissement productif.
Pour mesurer cette difficulté, il faudrait distinguer les entreprises qui ne souhaitent pas émettre d’obligations de celles qui rencontrent effectivement des obstacles financiers, réglementaires ou commerciaux.
L’enjeu dépasse ainsi la seule répartition des émissions : il concerne la place que pourrait occuper le marché obligataire dans le financement de l’économie tunisienne.
Tableau statistique
Période 2016–2025 — Chiffres rapportés par une source secondaire, à confirmer
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Émissions obligataires privées cumulées | Près de 8 900 MD |
| Part du secteur financier | 96,9 % |
| Part des entreprises non financières | 3,1 % |
| Part des banques | Plus de 50 % |
| Émissions bancaires en 2024 | 25 MD |
| Émissions bancaires en 2025 | 922 MD |
| Total des émissions en 2025 | 1 506 MD |
Source : étude de la Revue du CMF de septembre 2026, telle que rapportée par Tunisia Times le 14 octobre 2026. Les données n’ont pas encore été confrontées aux tableaux originaux.


