Face aux difficultés du marché de l’emploi tunisien, le spécialiste du droit du travail Hafedh Amouri préconise des avantages fiscaux et des allègements temporaires de cotisations sociales pour encourager les entreprises à recruter. Une proposition qui soulève une question centrale : comment garantir que ces aides créent réellement des emplois supplémentaires ?

La difficulté du marché de l’emploi tunisien ne résiderait pas uniquement dans les qualifications des demandeurs d’emploi, mais principalement dans la capacité insuffisante de l’économie à générer des postes. C’est le diagnostic défendu par Hafedh Amouri, spécialiste du droit du travail, lors d’une intervention rapportée sur Diwan FM.

Pour stimuler les recrutements, l’expert propose de renforcer les incitations fiscales accordées aux entreprises qui embauchent. Il évoque également la possibilité d’exonérer temporairement les employeurs de certaines cotisations sociales.

Réduire le coût de l’embauche, mais avec quel résultat ?

Ces mécanismes viseraient à alléger les charges supportées par les entreprises lorsqu’elles recrutent. Leur efficacité dépendrait toutefois de leur capacité à déclencher des embauches qui, sans soutien public, n’auraient pas été réalisées.

Une entreprise pourrait bénéficier d’un avantage fiscal pour un recrutement qu’elle avait déjà prévu. Dans ce cas, la dépense publique ne produirait pas nécessairement un emploi supplémentaire.

À l’inverse, une aide suffisamment ciblée pourrait contribuer à lever un obstacle financier à l’embauche. La distinction est essentielle pour apprécier l’efficacité économique des dispositifs.

Le PLF 2027 en toile de fond

Cette réflexion invite à examiner les dispositions évoquées dans le projet de loi de finances 2027 concernant la prise en charge de certaines cotisations sociales des petites entreprises.

Leur portée exacte, leurs conditions d’application et leurs bénéficiaires devront néanmoins être établis à partir du texte officiel avant toute comparaison détaillée.

L’enjeu sera notamment de déterminer si ces mécanismes favorisent des créations nettes d’emplois ou subventionnent des recrutements déjà envisagés.

Adapter la formation aux nouveaux besoins

Hafedh Amouri insiste également sur la nécessité d’anticiper les métiers émergents dans le système de formation professionnelle.

Il mentionne notamment les professions consacrées à l’accompagnement des personnes âgées et dépendantes.

Cette orientation pose une question complémentaire : comment rapprocher les compétences disponibles des besoins professionnels identifiés ?

Au-delà des allègements fiscaux, l’efficacité d’une politique de l’emploi dépendrait ainsi de deux conditions : encourager des recrutements réellement additionnels et préparer les compétences correspondant aux besoins des employeurs.