La Libye doit mobiliser 39,3 milliards de dollars par an pour transformer son économie d’ici 2030, selon la Banque africaine de développement. Avec un déficit annuel estimé à 37,2 milliards, le défi dépasse la disponibilité des capitaux : il concerne leur mobilisation et leur utilisation productive.

La diversification de l’économie libyenne se heurte à un obstacle financier majeur. Dans son rapport-pays 2026, la Banque africaine de développement (BAD) évalue à 37,2 milliards de dollars le déficit annuel de financement nécessaire pour atteindre les objectifs de transformation structurelle à l’horizon 2030.

Les investissements concernés couvrent les infrastructures, l’énergie, l’éducation et la productivité. Les infrastructures concentrent la plus grande partie des besoins.

Une économie toujours dépendante du pétrole

Le financement de cette transformation reste étroitement lié à la structure économique du pays. Les hydrocarbures représentent environ 97 % des exportations, 90 % des recettes publiques et 60 % de l’activité économique.

Cette concentration expose les finances publiques aux fluctuations pétrolières et complique la constitution de ressources durables pour les secteurs non pétroliers.

La BAD prévoit une croissance de 6,5 % en 2026, puis de 4,3 % en 2027, principalement soutenue par la production pétrolière. Ces perspectives restent conditionnées à la stabilité politique, sécuritaire et des marchés pétroliers.

Mobiliser des capitaux au-delà des hydrocarbures

Pour réduire cette dépendance, la BAD identifie plusieurs leviers : investissements privés nationaux et étrangers, transferts financiers des expatriés et partenariats public-privé.

Ces instruments pourraient diversifier les ressources disponibles, sans constituer à eux seuls une garantie de financement. Leur efficacité dépendra notamment de la qualité des projets et du cadre institutionnel.

La réforme financière, condition décisive

La Banque recommande de renforcer la gestion des finances publiques, la transparence économique et la coordination institutionnelle.

Elle préconise également une supervision bancaire renforcée, l’élargissement des services financiers numériques et le développement des marchés de capitaux.

L’accord sur le budget national unifié conclu en avril 2026 constitue une étape, mais sa traduction opérationnelle demeure déterminante.

Pour la Libye, l’enjeu n’est donc pas seulement de réunir des milliards supplémentaires. Il consiste à bâtir des institutions capables de transformer ces financements en investissements productifs, en entreprises et en emplois durables.

Chiffres clés

– 39,3 Md$

Besoins annuels estimés à l’horizon 2030

– 37,2 Md$

Déficit annuel de financement estimé

– 97 %

Part du pétrole dans les exportations

– 90 %

Part du pétrole dans les recettes publiques

– 6,5 %

Croissance prévue en 2026, sous conditions

– 4,3 %

Croissance prévue en 2027, sous conditions