• La cyberattaque contre les installations frigorifiques de centaines de supermarchés français prend une nouvelle dimension. L’ANSSI confirme la compromission d’équipements Copeland et Dixell, révélant les risques opérationnels liés aux systèmes industriels connectés.

La cybersécurité ne concerne plus seulement les données des entreprises. En France, des pirates informatiques ont pris le contrôle à distance de systèmes frigorifiques de supermarchés, provoquant des hausses de température atteignant parfois 50 °C, des pertes de marchandises et des départs de feu.

Le 13 octobre 2026, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a confirmé que des contrôleurs Copeland xweb et Dixell xweb figuraient également parmi les équipements compromis.

Son alerte officielle mentionne aussi les systèmes Danfoss AK-SM et AK-SC.

Des conséquences immédiates pour les distributeurs

L’attaque, survenue dans la nuit du 11 au 12 octobre, a affecté plusieurs grandes enseignes françaises, notamment Intermarché, Carrefour, Monoprix et Coopérative U.

Cette dernière fait état de 80 magasins touchés sur un réseau de 2 000 points de vente, soit 4 % de son parc.

Les conséquences dépassent largement l’indisponibilité informatique : les variations anormales de température peuvent rendre les produits alimentaires impropres à la vente, perturber l’activité commerciale et entraîner des pertes financières.

Le montant global des dommages n’est pas encore établi.

Le contrôle à distance, une vulnérabilité critique

Le problème tient notamment à l’exposition sur Internet d’interfaces permettant de piloter les installations frigorifiques.

Ces équipements facilitent normalement leur supervision à distance. Mais lorsqu’ils sont insuffisamment protégés, leur prise de contrôle peut affecter directement le fonctionnement physique des installations.

Le CERT-FR recommande de supprimer leur exposition directe à Internet, de vérifier les configurations de dégivrage et de rétablir les accès uniquement par des connexions sécurisées.

Pour les équipements déjà compromis, une restauration et une reconfiguration sont également préconisées.

Une alerte pour l’ensemble du commerce connecté

L’analyse : cet épisode illustre une transformation du risque cyber. Une intrusion numérique peut désormais désorganiser une activité commerciale, compromettre des stocks et provoquer des dégâts matériels.

Pour les distributeurs, la protection des équipements industriels devient ainsi une composante essentielle de la continuité d’activité.

L’enjeu dépasse les supermarchés français : sécuriser les systèmes connectés revient aussi à protéger les opérations physiques des entreprises.