Spécialiste des eaux souterraines, de l’hydrogéologie et des risques environnementaux, le professeur tunisien Younes Hamed vient de se distinguer dans le classement international Top1000 Scholar 2026. Derrière cette reconnaissance se dessine un parcours universitaire consacré à une ressource devenue stratégique pour la Tunisie : l’eau.
Il travaille sur ce que l’on ne voit pas toujours, mais dont dépend une partie essentielle de l’avenir des territoires : l’eau souterraine. À la Faculté des sciences de Gafsa, le professeur Younes Hamed a développé une activité scientifique autour de l’hydrogéologie, de la géochimie et des interactions entre ressources hydriques et environnement.
Le 8 octobre 2026, son nom s’est retrouvé au premier plan de l’actualité scientifique tunisienne. Selon l’agence Tunis Afrique Presse, il occupe la première place mondiale du classement Top1000 Scholar 2026 dans la catégorie des études géologiques et géophysiques, pour la période de référence 2021-2025.
Une distinction qui attire l’attention sur un chercheur dont les publications abordent plusieurs défis environnementaux majeurs.
Gafsa, un territoire au cœur de ses recherches
Le parcours scientifique de Younes Hamed est étroitement associé à la région de Gafsa, dans le sud-ouest tunisien.
Cette implantation universitaire se retrouve dans ses travaux consacrés aux systèmes aquifères, à la circulation des eaux souterraines et aux phénomènes de contamination.
Ses recherches mobilisent notamment la géochimie et les techniques isotopiques pour comprendre l’origine des eaux, leurs déplacements et les transformations de leur composition.
Une publication parue en 2014 dans le Journal of African Earth Sciences examine ainsi les écoulements souterrains et les phénomènes de contamination dans le bassin minier de Gafsa.
L’étude illustre une dimension importante de son activité scientifique : associer les méthodes d’analyse géologique à des problématiques environnementales concrètes.
Comprendre l’eau pour mieux la protéger
Les recherches de Younes Hamed ne se limitent pas à la localisation des ressources souterraines.
Elles portent également sur leur qualité, leur vulnérabilité et les risques liés aux activités humaines.
En avril 2025, une étude à laquelle il participe, publiée dans le Journal of Geochemical Exploration, analyse notamment les origines de la contamination radioactive et des nitrates dans les eaux souterraines du sud tunisien.
Les chercheurs s’appuient sur 33 échantillons prélevés dans le bassin de Gafsa afin de distinguer plusieurs sources possibles de contamination.
Ces travaux mettent en évidence l’intérêt des méthodes scientifiques pour caractériser les pressions exercées sur les ressources hydriques.
Ils soulèvent aussi une question essentielle pour les territoires concernés : comment disposer d’informations suffisamment précises pour améliorer la surveillance et la gestion de l’eau ?
Une production scientifique ouverte sur l’international
L’activité de Younes Hamed dépasse le cadre régional.
Ses publications abordent également les effets du changement climatique sur les eaux de surface et les eaux souterraines en Afrique du Nord, ainsi que le fonctionnement de systèmes aquifères transfrontaliers.
Son profil ScienceDirect, alimenté par les données Scopus, recensait lors de la consultation 134 documents, 3 513 citations et un indice h de 37.
Ces indicateurs témoignent de la diffusion de ses travaux dans la littérature scientifique indexée. Ils ne constituent toutefois pas, à eux seuls, une mesure exhaustive de leur qualité ou de leur impact opérationnel.
Son parcours illustre également la place que peuvent occuper les universités régionales dans la production scientifique internationale.
Une reconnaissance qui dépasse un parcours individuel
Le classement Top1000 Scholar 2026 distingue également deux autres chercheurs tunisiens.
Hakim Gabtni, du Centre de recherches et des technologies des eaux, occupe la 38e place mondiale, tandis que Mohamed Soussi, de la Faculté des sciences de Tunis, se classe 39e.
Cette présence tunisienne dans les premiers rangs internationaux met en lumière les travaux réalisés dans les sciences de la Terre.
Pour Younes Hamed, la distinction intervient dans un domaine dont l’importance dépasse largement les laboratoires universitaires.
En Tunisie, la connaissance des aquifères, la surveillance de leur qualité et l’étude des pressions environnementales constituent des enjeux pour l’agriculture, les territoires et la gestion durable des ressources.
Au-delà d’un classement, le parcours scientifique du professeur de Gafsa rappelle ainsi une réalité : comprendre les ressources invisibles du sous-sol est une étape indispensable pour éclairer les décisions qui concernent l’eau de demain.


