La STEG présente un programme de renforcement du système électrique combinant turbines, centrales à gaz, énergies renouvelables et stockage. Derrière les centaines de mégawatts annoncés, une question économique demeure : quelle puissance sera réellement disponible pour répondre aux besoins du pays ?
La Tunisie accélère ses projets énergétiques. Réuni vendredi 9 octobre 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, un conseil ministériel restreint a examiné le plan opérationnel destiné à renforcer la sécurité énergétique nationale.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a présenté plusieurs interventions à court et moyen termes.
Des capacités de nature différente
Le programme prévoit l’amélioration des turbines existantes pour 250 MW, l’installation de nouveaux moteurs fonctionnant au gaz pour 200 MW et une troisième turbine à Borj El Amri de 300 MW.
Il comprend également la récupération de 190 MW à Kchabta et Mateur, ainsi qu’un dispositif de stockage par batteries de 300 MW/600 MWh.
Sur le volet renouvelable, 300 MW de nouveaux projets sont annoncés avant l’été 2027. S’y ajoutent, dans le programme présenté, 40 MW sous régime d’autorisation, l’extension éolienne de Sidi Daoud de 30 MW et les centrales photovoltaïques de Beni Mhira (50 MW) et Tataouine (200 MW).
Pourquoi les mégawatts ne s’additionnent pas
Ces chiffres ne constituent pas un volume homogène de production supplémentaire.
L’amélioration des installations existantes et la récupération de capacités indisponibles diffèrent de la construction de nouvelles centrales. Les batteries permettent de restituer de l’électricité stockée, sans créer de production primaire.
Autre levier : une réduction recherchée de 300 MW de la demande en période de pointe.
L’enjeu consiste donc à mesurer la puissance effectivement mobilisable, et non à additionner les annonces.
L’exécution, véritable test économique
La Tunisie maintient son objectif de porter les renouvelables à 35 % de la production électrique en 2030.
Mais le passage des projets aux capacités opérationnelles dépendra des financements, des procédures, des contrats et des raccordements.
Le projet distinct de Bazma-Kébili, associant 300 MW photovoltaïques et 150 MW/540 MWh de stockage, illustre cet enjeu : son appel d’offres fixe la réception des propositions au 14 octobre 2026.
La sécurité électrique se jugera finalement sur les mises en service et la disponibilité réelle des installations, davantage que sur les puissances annoncées.
CHIFFRES CLÉS
- 250 MW — Amélioration des turbines existantes
- 300 MW — Troisième turbine de Borj El Amri annoncée
- 190 MW — Capacités à récupérer à Kchabta et Mateur
- 300 MW / 600 MWh — Stockage par batteries
- 300 MW — Réduction recherchée de la demande en pointe
- 35 % — Objectif de renouvelables dans la production électrique en 2030


